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Une tendance à l'amélioration de la qualité des eaux superficielles, mais des dégradations encore très présentes et de natures diverses

Sur les 343 grands cours d'eau en Rhône- Alpes, 135 sont déjà en « bon étatL'évaluation du bon état des masses d'eau de surface résulte du croisement entre bon état chimique (défini sur la base de la concentration de substances chimiques dangereuses ou prioritaires) et bon état écologique, ce dernier résultant du croisement entre l'état physico-chimique et l'état biologique. L'évaluation du bon état des eaux souterraines est conduite à partir du bon état chimique et quantitatif (équilibre entre prélèvements et capacité de renouvellement). » ou susceptibles de l'atteindre en 2015, les autres bénéficiant d'un report de l'objectif de bon état à 2021, voire 2027 pour les plus dégradés. Si une tendance générale à l'amélioration de l'état des cours d'eau est constatée depuis quelques années, des problématiques importantes persistent.

État des masses d'eau superficielle et échéance pour l'atteinte du bon état selon les SDAGEInstitué par la loi sur l'eau de 1992, le SDAGE est un outil de planification de la politique de l'eau associant tous les acteurs du bassin. Il fixe pour chaque grand bassin hydrographique les objectifs de qualité des ressources en eau et les orientations fondamentales pour atteindre ses objectifs et favoriser une gestion équilibrée de la ressource en eau entre tous les usagers (citoyens, agriculteurs, industriels). Rhône-Alpes est concernée par deux SDAGE, Rhône-Méditerranée (2010-2015) et Loire-Bretagne (2010-2015). révisés Rhône-Méditerranée et Loire-Bretagne

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Un état chimique des cours d'eau globalement en amélioration mais des secteurs souffrant encore de dégradations aiguës.

Les résultats pour l'année 2009 ont montré que l'état chimique des cours d'eau, en particulier des grands cours d'eau, poursuit l'amélioration sensible constatée depuis quelques années concernant les matières organiques et oxydables et les matières azotées, en lien avec les efforts de dépollution effectués par les grandes industries et les agglomérations, et la réduction de l'emploi des intrants azotés par le monde agricole. Néanmoins, le nombre de points de mesures en mauvais état chimique reste important (6%) les paramètres déclassants étant dans la plupart des cas d'origine diffuse ou dispersée :

Certains de ces polluants ont une forte rémanence, c'est-à-dire qu'ils peuvent rester présents dans le milieu au cours d'une période très longue. C'est pourquoi l'on retrouve encore aujourd'hui dans les eaux des substances qui ne sont plus utilisées dans l'agriculture ou l'industrie depuis de nombreuses années (certains types de pesticides ou PCB notamment).

Focus
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A noter que les dégradations chimiques peuvent avoir des impacts particulièrement forts sur les écosystèmes des moyens et petits cours d'eau, plus susceptibles de connaître des périodes d'étiageBaisse périodique du niveau d'un cours d'eau. Le débit d'étiage est le débit minimum d'un cours d'eau. au cours desquelles les faibles débits engendrent la hausse des concentrations de polluants dans l'eau. C'est notamment le cas dans les régions alpines en hiver et dans la Drôme et l'Ardèche en été.

Par ailleurs, de nombreux cours d'eau rhônalpins sont concernés par la contamination des sédiments par des micropolluants tels que les HAP, les PCB ou les métaux.

Des dégradations de la morphologie des cours d'eau ayant des conséquences sur leur état écologique
L'état écologique des cours d'eau rhônalpins est encore dégradé : si en tête de bassin de nombreuses rivières sont en bon état, voire en très bon état pour le Doux (Ardèche) et le Lignon (Loire) de nombreuses masses d'eau présentent un état écologique médiocre voire mauvais (environ 10%), sans évolution significative au cours des dernières années. Elles se situent pour l'essentiel :

  • d'une part sur des secteurs dont l'état physicochimique est dégradé, ne permettant donc pas le développement des espèces les plus sensibles ;
  • d'autre part sur des secteurs indemnes de toute pollution physicochimique, mais où les altérations physiques ne permettent pas le développement harmonieux des écosystèmes (chenalisation des berges, seuils en rivière, ouvrages hydrauliques créant des ruptures de continuités?), dans les Alpes du Nord notamment.

Sur les cours d'eau navigables, le trafic des bateaux peut contribuer à la dégradation de l'état écologique. En effet, les ondes créées par le passage des bateaux, appelées onde de batillage, déstructurent les berges lorsque celles-ci ne sont pas artificialisées, et impactent donc les écosystèmes qui y sont associés.

Par ailleurs, sur les moyens et petits cours d'eau, les phénomènes d'eutrophisationType de pollution des eaux lacustres ayant pour cause un excès d'alimentation organique et se manifestant par la prolifération de certaines algues. sont de plus en plus marqués, en lien avec des étiages de plus en plus sévères.

Une qualité des lacs et plans d'eau en amélioration
La qualité des grands lacs naturels, dont les grands lacs alpins (Léman, Bourget et Annecy) a évolué positivement au cours des dernières années grâce aux actions entreprises pour limiter les pressions importantes qui pèsent sur eux. Ce bilan encourageant reste à consolider. Quant aux plans d'eau artificiels, ils sont particulièrement sensibles à l'occupation de leur bassin-versant, via les rivières qui les alimentent. Une attention particulière doit être portée sur les plans d'eau, supports d'usages de loisirs exigeants en matière de qualité des eaux (baignade, sports nautiques?).

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