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Une situation préoccupante concernant les particules et les oxydes d'azote

Les particules ou poussières en suspension dans l'air sont particulièrement nocives pour la santé. En effet, elles peuvent se déposer en profondeur dans les poumons et engendrer des irritations, voire altérer la fonction respiratoire, créer des oedèmes, diminuer l'efficacité des mécanismes de défense contre l'infection et entraîner des troubles cardiovasculaires. Des propriétés mutagènes et cancérigènes ont aussi été démontrées expérimentalement car elles peuvent véhiculer d'autres substances. Les émissions diesel (gaz et particules) sont classées en cancérogènes probables chez l'homme. On distingue les particules selon leur taille : les PM10 sont les particules dont le diamètre est inférieur à 10µm et les PM2,5 sont les particules dont le diamètre est inférieur à 2,5µm, donc potentiellement les plus toxiques car elles pénètrent plus profondément dans les voies respiratoires.

En région Rhône-Alpes, les deux principaux secteurs émetteurs, représentant chacun autour d'un tiers des émissions totales, sont le résidentiel-tertiaire et l'industrie. Puis vient le secteur des transports avec environ un cinquième des émissions, dont la moitié est liée aux voitures. Etant fortement liées au chauffage dans le résidentiel-tertiaire, et essentiellement au chauffage au bois (86% des émissions de particules liée au chauffage individuel), les émissions montrent un caractère saisonnier : elles sont très fortes en hiver, saison au cours de laquelle la dispersion des polluants est par ailleurs plus difficile.

Contribution des différents secteurs aux émissions de PM10 en Rhône-Alpes en 2007

émissions de  PM10 en  Rhône  Alpes

(source Cadastre Air Rhône-Alpes)

Une baisse des émissions de PM10 de 17,5% a été constatée entre 2000 et 2007, mais elle reste insuffisante pour respecter la réglementation européenne qui fixe une valeur limite journalière à 50µg/m3 qu'il ne faut pas dépasser plus de 35 jours par an. Pour les stations de mesures situées en proximité routière, la situation de dépassement est la règle (92% de ces sites ont connu au moins un non-respect de cette valeur de 2005 à 2009). En zones urbaines, les dépassements sont moins nombreux (29% des sites de fond urbain concernés par au moins un non-respect entre 2005 et 2009). Quant à la valeur limite en moyenne annuelle entrée en vigueur en 2005, on constate qu'elle n'a été que très rarement dépassée en sites de fond urbain, mais qu'elle est régulièrement dépassée sur les sites proximité routière (29% des sites de mesure en proximité routière ayant connu au moins un non-respect entre 2005 et 2009).

En 2008, on a estimé qu'environ 2% du territoire régional avait connu pour les PM10 une situation de dépassement sur au moins une valeur limite, ce qui concernerait 18% de la population.

S'agissant des particules PM2,5, 25µg/m3 deviendra la valeur limite annuelle à respecter en 2015. Au regard des concentrations actuelles et des tendances d'évolution, plusieurs secteurs de la région risquent de ne pas respecter cette valeur. De plus, le PNSE2 définit un objectif de réduction des émissions de particules fines de 30% d'ici à 2015 et un objectif de qualité est fixé à 10 µg/m3.

Concernant les oxydes d'azote (NOx) le principal secteur émetteur est le transport routier (près des deux tiers), suivi par l'industrie manufacturière avec moins de 20%. A l'échelle de la région, une diminution de 20% des émissions a été enregistrée de 2000 à 2007, pour l'essentiel due à la mise en circulation de véhicules neufs remplaçant des véhicules plus polluants.
Corrélativement, les concentrations en dioxyde d'azote (NO2) dans l'air ont baissé, mais semblent stagner depuis quelques années, alors même que la réglementation est devenue de plus en plus stricte. Si les sites de fond urbain respectent la valeur limite en moyenne annuelle, son dépassement est habituel en situation de proximité routière, puisque tous les sites ont été touchés en 2009. Le NO2Dioxyde d'azote. Voir aussi NOx. est un gaz aux propriétés irritantes qui pénètre profondément dans les voies respiratoires. Il induit des affections respiratoires, des effets sur le système immunitaire et chez les asthmatiques, il provoque une hyperréactivité bronchique avec augmentation de la fréquence et de la gravité des crises.
En 2008, 0,3% du territoire rhônalpin est considéré en dépassement de valeur limite pour ce polluant, soit 6% de la population.

Contribution des différents secteurs aux émissions d'oxydes d'azotePolluant atmosphérique (monoxyde d'azote + dioxyde d'azote) issu de la combustion de combustibles fossiles (charbon, fuel, pétrole, essence...). Le dioxyde d'azote (NO2) est irritant pour les bronches. Le monoxyde d'azote (NO) n'est pas toxique pour l'homme aux concentrations auxquelles on le rencontre dans l'environnement. en Rhône-Alpes en 2007

émissions d'oxydes d'azote en  Rhône  Alpes

(source Cadastre Air Rhône-Alpes)