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Une richesse de la biodiversité urbaine et périurbaine de mieux en mieux connue et reconnue

Bernard Suard - MEDDTLLes espaces verts et les jardins, mais aussi les bâtiments ou les bords de routes, les friches urbaines ou industrielles, offrent des habitats adaptés à certaines espèces animales et végétales. Cette biodiversité des villes et de leurs couronnes périurbaines est souvent méconnue et sous-estimée.

La présence d'éléments de nature en milieu urbain et périurbainLe périurbain inclut les couronnes périurbaines et les communes multipolarisées, dont au moins 40% de la population résidente ayant un emploi travaille dans plusieurs aires urbaines. participe également à atténuer les effets pour la biodiversitéDiversité biologique ou nombre et variété des espèces végétales et animales. On distingue la richesse spécifique (les différentes espèces), la diversité génétique - variété génétique au sein d'une même espèce - et la diversité écosystémique c'est-à-dire la variété des écosystèmes qu'on trouve sur Terre (forêts, prairies, lacs,...). de la consommation et de la fragmentation des espaces agricoles et naturels par l'extension urbaine. Elle doit permettre de réinscrire ces espaces dans les réseaux écologiques et d'y favoriser la présence de certaines espèces traditionnellement associées aux milieux ruraux ou naturels.

Plusieurs collectivités urbaines ont mené des inventaires des espèces présentes sur leur territoire. A titre d'exemple, au sein de la ville de Grenoble, 182 espèces végétales sauvages ont été répertoriées, uniquement dans les zones de friches, espaces verts, bords de voies et secteurs de constructions (données FRAPNA). Le Grand Lyon s'est lui engagé avec le Conservatoire botanique national du Massif Central et le Jardin botanique de la Ville de Lyon dans une campagne d'inventaire floristique. D'autres travaux mettent en évidence la présence dans Lyon, de certains rapaces (chouette hulotte, faucon pèlerin), de chauves-souris, ou encore de castors, fouines, renards, mulots ou hérissons, qui ont trouvé de nouveaux habitats au coeur de la ville. Plusieurs communes ont élaboré un atlas de biodiversité dans l'objectif de sensibiliser le public et de permettre la prise en compte de la biodiversité dans les politiques publiques locales.

Ainsi, le programme européen Life + Biodiversité URBANBEES (2010-2014) soutient le maintien et le développement des abeilles sauvages en milieux urbains et périurbains. Ces insectes pollinisateurs, indispensables à la biodiversité, pâtissent de la destruction des habitats dans les espaces agricoles et semi-naturels et de l'intoxication des milieux (pesticides). Les nouveaux espaces colonisés, notamment les zones urbanisées et résidentielles, leur servent de refuge. Les villes de Lyon et Villeurbanne mènent des actions concrètes en faveur de ces insectes.

Les milieux urbains et périurbains sont par ailleurs particulièrement concernés par l'introduction et la colonisation des milieux par des plantes invasives et l'introduction d'espèces animales exotiques.

Au-delà de son importance directe pour la biodiversité, la nature en ville participe à la qualité des paysages et du cadre de vie, à la régulation thermique en milieu urbain (limitation du phénomène d' « îlots de chaleurLes îlots de chaleur urbains désignent des élévations localisées des températures enregistrées en milieu urbain par rapport aux zones rurales ou forestières voisines ou par rapport aux températures moyennes régionales. urbain » en particulier) et à la gestion du cycle de l'eau (zones d'épuration et de rétention).