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Une qualité de paysages naturels, ruraux et de montagne à maintenir

Laurent Mignaux - MEDDTL 
Les paysages naturels rhônalpins sont de notoriété nationale voire internationale. Il s'agit de paysages presque intouchés, car difficilement accessibles, comme la haute-montagne ou des paysages semi-naturels comme les alpages, où l'activité humaine n'y est perçue que de manière marginale. Ils représentent entre 15 et 20% du territoire régional : Gorges de l'Ardèche, Hauts-Plateaux du Vercors, massifs forestiers de Chartreuse, Garrigue d'Ardèche méridionale, Haute-Vallée du Ferrand, etc.
Ces paysages se transforment sous le coup d'une fréquentation touristique accrue, demandeuse d'une nature à l'état sauvage et d'un confort moderne difficilement conciliable. A l'autre extrême, certains paysages semi-naturels reviennent au " naturel ", aux dépens de la diversité paysagère. C'est le cas par exemple des alpages qui font face à une déprise agricole alors que la pâture estivale permet traditionnellement d'entretenir les paysages qui désormais se ferment, colonisés par les forêts.

Les paysages naturels de loisirs sont des paysages anthropisés : à un socle naturel, généralement montagnard mais qui peut également être un paysage de plaine comme c'est le cas pour le parc de Miribel - Jonage près de Lyon, se superposent des activités et des aménagements de loisirs comme les grands domaines skiables de Tarentaise ou de la vallée de Chamonix. Le tourisme de proximité ou de séjour contribue au développement économique et au maintien d'une population permanente.
Comme pour le reste des activités économiques, la pérennité de ces retombées sur le territoire passe par une adaptation au réchauffement climatique..Il faut donc repenser les espaces aménagés et les activités envisageables en montagne en privilégiant des manières de faire durables, la qualité sur la quantité et le développement d'un tourisme des quatre saisons.

Lors de la restructuration des pôles touristiques, l'échelle de programmation n'est plus la station mais le bassin d'offre touristique, et permet d'appréhender un espace cohérent. Ainsi les domaines skiables se densifient à enveloppe constante et les extensions de domaines skiables deviennent l'exception. Du point de vue urbain, les stations sont réhabilitées et comme on construit " la ville sur la ville ", on construit " la station sur la station ".
La préservation des ressources de l'activité touristique (espaces naturels, sites et paysage) passe par une réflexion globale dans le temps et l'espace. Par exemple, les besoins de production de neige qui permet de sécuriser la fréquentation des stations de montagne, particulièrement en cas de déficit de précipitations neigeuses, doivent être définis selon leur compatibilité avec l'ensemble des besoins en eau du territoire, la vulnérabilitéDans le domaine des risques, la vulnérabilité exprime le niveau d'effet prévisible d'un phénomène naturel ou technologique (aléa) sur des enjeux. de l'espace aux risquesLe risque est la probabilité que survienne un phénomène, d’origine naturelle ou technologique, pouvant constituer une menace pour les personnes, les biens, l’économie, l’environnement, etc. Le niveau de risque est estimé au regard des conséquences qu’aurait le phénomène s’il se produisait : plus les pertes potentielles sont élevées, plus le risque est important, et inversement. Il se mesure en croisant les données relatives à l’aléa, aux enjeux exposés et à leur vulnérabilité. et le maintien de la biodiversitéDiversité biologique ou nombre et variété des espèces végétales et animales. On distingue la richesse spécifique (les différentes espèces), la diversité génétique - variété génétique au sein d'une même espèce - et la diversité écosystémique c'est-à-dire la variété des écosystèmes qu'on trouve sur Terre (forêts, prairies, lacs,...). à l'échelle des vallées. Des zones de tranquillité, prévues dans la convention alpineTraité international pour la protection étendue et le développement durable des Alpes signé en 1991 et portant sur plusieurs domaines (aménagement du territoire et développement durable, protection de la nature et entretien des paysages, agriculture de montagne, forêts de montagne, tourisme, énergie, protection des sols, transports)., doivent également être délimitées et intégrées aux documents locaux d'urbanisme. Elles sont exemptes de toutes formes d'aménagements ou nuisances susceptibles de gêner le déroulement des processus écologiques et les espèces végétales et animales qui s'y trouvent.

Les paysages agraires sont perçus comme façonnés par l'activité agricole et, selon les conditions géographiques, les modes de cultures et d'élevage  (extensif, intensif, pastoralisme, agro-pastoralisme, etc.), correspondent à des territoires aussi variés que la plaine de l'Ain, les monts du Lyonnais, les Terres Froides ou encore la Bièvre agricole.
Mais sur beaucoup de plaines, fonds de vallée, coteaux, l'agriculture qui fait ces paysages se transforme, s'intensifie pour répondre aux besoins de productivité. La campagne se modernise, créant de nouveaux paysages. Dans certains cas, la suppression des singularités (haies, bosquets, arbres isolées, bandes enherbées) conduit à une homogénéisation et une banalisation des paysages qui pourraient, à terme, évoluer vers des types de paysages péri-urbains ou émergents.

Les paysages ruraux-patrimoniaux se distinguent par des structures paysagères singulières qui sont le fait d'une spécialisation agricole (vignobles, alpages, noyeraies), de modes de faire traditionnels et d'une architecture très ancrée dans la culture locale (chalets d'alpage, ferme bressane,...). Il s'agit par exemple du Beaujolais, des Hautes-Chaumes du Forez, de la Drôme provençale, du bocage bressan...

Sur le court et moyen terme, la préservation de ces paysages passe par des actions de reconquête des paysages patrimoniaux (terrasses, bocages, vignes,...), la réhabilitation du bâti existant plutôt que les extensions diffuses et une participation active de l'agriculture au maintien de ces paysages.