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Une qualité de l'eau distribuée plutôt satisfaisante mais une persistance de non-conformités à la réglementation pour plusieurs paramètres concernant l'ensemble de la région

L’essentiel des eaux captées pour la consommation humaine fait l’objet d’un traitement afin de répondre aux normes de qualité imposées par le code de la santé publique. Ainsi, en lien avec le grand nombre de captages, plus de 3500 stations de traitement et production sont implantées en Rhône-Alpes, avec suivant la qualité des eaux brutes puisées des filières de traitement différentes : d’une simple désinfection à des traitements plus poussés, notamment pour les eaux superficielles et les eaux souterraines provenant de sous-sols assurant une filtration naturelle de faible qualité (karst notamment).

Malgré une amélioration, au cours des dernières années, de la qualité de l’eau mise à disposition des rhônalpins, les eaux distribuées ne répondent pas toutes aux normes de potabilité pour les paramètres analysés.

La plupart des non-conformités sont d’origine microbiologique. Ces pollutions peuvent provenir de la nature des eaux captées, d’incidents survenus au cours du transport ou du stockage de l’eau, d’un dysfonctionnement momentané des installations de traitement ou encore d’un entretien insuffisant des équipements de distribution. Des cas de gastro-entérites notamment peuvent encore aujourd’hui être imputables à l’eau distribuée. La plupart des prélèvements non conformes concernent des petites installations, plus sujettes aux dépassements, souvent en raison d’ouvrages de captages mal conçus et/ou non protégés efficacement ou de systèmes de traitement insuffisamment efficaces. La maîtrise de ce risque doit donc continuer à être une priorité pour les autorités sanitaires.

Entre 2009 et 2011, 3,9% de la population rhônalpine ont été alimentés, au moins une fois, par de l’eau du réseau public non conforme pour les paramètres microbiologiques. Ce taux, à l’échelle de la population nationale, était de 3,2% en 2009. D’un département à l’autre, la part de la population touchée est très variable allant de 17% en Savoie à 0% dans le Rhône entre 2009 et 2011.

Pourcentage par département de la population alimentée par une eau de qualité microbiologiqueRelatif au micro-organismes (bactéries, virus,...) non conforme* entre 2009 et 2011

eau de qualite microbiologique non conforme

* Un réseau est jugé non conforme quand le taux de conformité est inférieur à 90% et ce, afin de ne pas pénaliser les petits réseaux pour lesquels une seule analyse non-conforme ferait considérablement baisser le taux de conformité final.
(source : ARS)

Focus
 

Ponctuellement, on constate également des dépassements de valeurs limites pour certains paramètres chimiques tels que les nitratesSubstances chimiques naturelles qui entrent dans le cycle de l'azote et jouent notamment un rôle important comme engrais. Toutes les eaux naturelles contiennent normalement des nitrates à des doses variant selon les saisons. L’augmentation de la concentration en nitrates des eaux peut être d'origine diffuse (entraînement des nitrates provenant des engrais minéraux ou organiques non utilisés par les plantes) ou ponctuelle (rejets d'eaux usées domestiques, agricoles ou industrielles). Cela peut compromettre leur utilisation pour la production d’eau potable et conduit, dans certains cas, à des développements importants d’algues (eutrophisation). ou certaines familles de produits phytosanitaires.

Concernant les nitrates, la limite de qualité de 50 mg/l est fixée en fonction des risquesLe risque est la probabilité que survienne un phénomène, d’origine naturelle ou technologique, pouvant constituer une menace pour les personnes, les biens, l’économie, l’environnement, etc. Le niveau de risque est estimé au regard des conséquences qu’aurait le phénomène s’il se produisait : plus les pertes potentielles sont élevées, plus le risque est important, et inversement. Il se mesure en croisant les données relatives à l’aléa, aux enjeux exposés et à leur vulnérabilité. encourus par la population la plus vulnérable (nourrissons, femmes enceintes ou qui allaitent). En 2009, ce sont 14 installations du bassin Rhône-Méditerranée et Corse (soit 0,3% des installations contrôlées) qui ont dépassé la limite de qualité, correspondant à 0,2% des débits contrôlés. Seuls l’Isère, et dans une moindre mesure la Haute-Savoie, sont concernés par ces dépassements en Rhône-Alpes en 2009. Globalement, l’eau distribuée en région est de meilleure qualité vis-à-vis des nitrates qu’à l’échelon national, et la tendance est à l’amélioration.

Quant aux produits phytosanitairesProduits qui soignent les organismes végétaux. Il s'agit de substances actives ou d'une association de plusieurs substances chimiques ou micro-organismes. L'expression  produit phytosanitaire  est couramment employée dans un sens proche de pesticides., 1,4% de la population rhônalpine a été alimentée en 2010 par une eau non conforme de manière récurrente vis-à-vis des pesticides et 0,76% par une eau non conforme de manière ponctuelle. Au cours des dernières années, c’est une tendance à l’amélioration qui est observée sur l’ensemble des départements, probablement en lien avec la mise en oeuvre de dispositions réglementaires visant à réduire, voire interdire l’utilisation de certains pesticides.

Répartition de la population alimentée, au moins une fois dans l’année, par une eau non conforme vis-à-vis des phytosanitaires en 2010

eau non conforme vis a vis des phytosanitaires

(source : ARS)

Par ailleurs, des non-conformités ponctuelles peuvent être constatées localement pour des substances telles que le soufre, l’arsenic ou l’antimoine, en raison des caractéristiques géologiques locales, notamment dans les Alpes centrales.

Enfin, tous les départements sont encore concernés par des non-conformités de la qualité de l’eau distribuée liées à la présence excessive de plomb. Dans la grande majorité des cas, les eaux captées ne contiennent pas de plomb, c’est au contact des canalisations en plomb des réseaux de distribution que l'eau se charge progressivement. A noter que la limite actuelle de qualité fixée à 25µg/l passera à 10µg/l en 2013, imposant le remplacement de l’ensemble des canalisations et des branchements en plomb.