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Une progression du biotope de végétation méditerranéenne et une fragilisation accrue des espèces et des milieux, en particulier alpins

Arnaud Bouissou - MEDDTL 

Le projet Climfourel (climat - fourrages - élevage) mené par l'INRAInstitut national de la recherche agronomique. dans une optique d'adaptation des systèmes fourragers du sud de la France aux variations climatiques en cours note sur la période 1979-2009 une expansion du climat méditerranéen vers le nord et le nord-ouest qui atteint la ligne Toulouse-Albni-Millau-Montélimar. Le potentiel de production de biomasseEnsemble de matières organiques, végétales (forêts, milieux aquatiques, etc.) ou animales (effluents d'élevage, etc.), en décroissance, est déjà atteint par ces changements.

En 2011 et pour les 3-4 prochaines années à venir, ce projet conclue à une augmentation des températures, une baisse de la pluviométrie de janvier-février à septembre et une augmentation de l'évapotranspiration.

Ces changements se traduisent par une extension du biotope de végétation méditerranéenne vers le nord, à terme au-delà du Mâconnais. Il deviendrait ainsi dominant dans la majeure partie des plaines rhônalpines. Ces changements, favorables à certaines espèces (insectes notamment, espèces invasives), aboutiront au déplacement de nombreuses espèces et à la réduction voire à l'extinction de certains peuplements régionaux.

Dans cette perspective, le maintien d'un réseau d'espaces naturels permettant les déplacements des espèces vers les milieux les plus adaptés apparaît d'autant plus crucial. Cela renforce la nécessité de limiter la destruction et la fragmentation en cours des espaces naturels par les extensions des aménagements humains.

Les espèces et milieux alpins seront particulièrement impactés par la hausse des températures, entraînant le déplacement vers des altitudes plus élevées, la régression ou la disparition de certains étages bioclimatiquesNotion botanique qui a été créée pour associer la répartition des êtres vivants (flore et faune) à des schémas climatiques liés à la géographie, aux valeurs climatiques (température, précipitation) et à l'altitude. correspondant à des conditions particulières pour la biodiversitéDiversité biologique ou nombre et variété des espèces végétales et animales. On distingue la richesse spécifique (les différentes espèces), la diversité génétique - variété génétique au sein d'une même espèce - et la diversité écosystémique c'est-à-dire la variété des écosystèmes qu'on trouve sur Terre (forêts, prairies, lacs,...)., menaçant certaines espèces associées endémiques des Alpes.

Ces pressions devraient se conjuguer avec l'augmentation des risquesLe risque est la probabilité que survienne un phénomène, d’origine naturelle ou technologique, pouvant constituer une menace pour les personnes, les biens, l’économie, l’environnement, etc. Le niveau de risque est estimé au regard des conséquences qu’aurait le phénomène s’il se produisait : plus les pertes potentielles sont élevées, plus le risque est important, et inversement. Il se mesure en croisant les données relatives à l’aléa, aux enjeux exposés et à leur vulnérabilité. de destruction des habitats liés à la multiplication des événements climatiques extrêmes (feux de forêt, mouvements de terrain), à l'élévation de la température des cours d'eau et à des modifications de leurs débits. L'augmentation des températures pourrait également favoriser la colonisation des milieux par des espèces invasives et la prolifération des parasites de certaines essences forestières.