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Une préoccupation émergente : la pollution diffuse des sols

Au-delà des sites pollués ou potentiellement pollués faisant l'objet d'une action des pouvoirs publics, les sols, que ce soit en milieu urbain, agricole ou naturel, peuvent être touchés par des pollutions diffuses. Celles-ci se situent à des niveaux de concentrations beaucoup moins élevés que sur les sites pollués au sens de l'inventaire BASOLBase de données du Ministère en charge de l'écologie des sites pollués ou potentiellement pollués qui appellent une action de l'administration, mais peuvent toutefois avoir des conséquences sur l'environnement et la santé, qui restent difficiles à évaluer précisément.

Le niveau de contamination des sols par des intrants utilisés par l'activité agricole, les collectivités ou les particuliers est aujourd'hui relativement mal connu, ainsi que les conséquences sanitaires sur l'homme. Certains produits phytosanitairesProduits qui soignent les organismes végétaux. Il s'agit de substances actives ou d'une association de plusieurs substances chimiques ou micro-organismes. L'expression  produit phytosanitaire  est couramment employée dans un sens proche de pesticides. notamment peuvent se trouver piégés dans les sols au cours de périodes assez longues, a priori sans perturber la qualité des sols puisque que les molécules y sont non-actives. C'est lors de phénomènes chimiques de relargage de ces substances que des pollutions diffuses des eaux peuvent être générées. La tendance actuelle est à la diminution de l'utilisation des intrants, aussi bien pour les phytosanitaires que pour les engrais. Toutefois ces substances ayant une forte rémanence, elles resteront présentes dans les sols pour une période relativement longue, avec des risquesLe risque est la probabilité que survienne un phénomène, d’origine naturelle ou technologique, pouvant constituer une menace pour les personnes, les biens, l’économie, l’environnement, etc. Le niveau de risque est estimé au regard des conséquences qu’aurait le phénomène s’il se produisait : plus les pertes potentielles sont élevées, plus le risque est important, et inversement. Il se mesure en croisant les données relatives à l’aléa, aux enjeux exposés et à leur vulnérabilité. de relargage toujours réels.

Les métaux lourds sont naturellement présents dans les sols, comme héritage de l'altération des roches. Cette concentration naturelle en l'absence de tout apport extérieur, notamment lié à l'activité humaine, est appelé « fond géochimique ». Certains métaux lourdsMétaux présentant une densité élevée, présents naturellement dans l'environnement à l'état de traces. Les principaux métaux lourds sont le plomb, le cadmium, le mercure, l'arsenic, le chrome et le nickel. Ils sont dangereux pour l'environnement car ils ne sont pas dégradables. Les métaux lourds ont diverses origines : les roches du sol (arsenic, plomb...) la pollution atmosphérique (plomb, cadmium...), les engrais (cadmium, plomb, arsenic...), les boues urbaines (mercure, plomb, cadmium...). sont indispensables, en quantités très faibles, à la vie (oligo-éléments : cuivre, fer). Toutefois ils peuvent également provenir de contaminations locales liées à des activités industrielles ou de contaminations diffuses liées aux apports par voie aérienne (rejets industriels, transports), par ruissellementÉcoulement des eaux de pluie à la surface du sol pouvant transporter notamment des polluants et, ne s'infiltrant pas, empêchant les eaux souterraines de se renouveler. des eaux et par épandage agricole de boues de stations d'épuration des eaux usées. Au-delà d'un certain seuil, l'exposition aux métaux lourds peut présenter un risque pour l'homme et un grand nombre d'espèces végétales ou animales. Les études menées à l'échelle nationale par le Groupement d'intérêt scientifique Sol (GIS Sol) ont permis d'avoir une connaissance plus précise des secteurs concernés : des valeurs fortes pour le cuivre sont constatées dans la vallée de l'Isère en amont et en aval de Grenoble (origine agricole : vignes et surtout vergers), dans le département du Rhône (vergers ?) et dans la Région d'Annemasse (cause inconnue). Le Rhône est également concerné par des valeurs élevées en sélénium, probablement en lien avec des activités industrielles. Certains territoires comme le Grand Lyon développent par ailleurs des bases de données sur le bruit de fond géochimique.

La qualité et l'épandage des boues de station d'épuration (STEP) sont relativement bien suivis et aucune situation à problème n'a été identifiée. Il n'existe toutefois pas d'exploitation à l'échelle régionale des données disponibles via le suivi de l'épandage des boues de STEPStation d'épuration des eaux usées, ou via la base de données éléments traces métalliques du GIS Sol, pour pouvoir donner un état plus précis de la situation. Le Plan régional santé environnement 2 prévoit par ailleurs des campagnes de dosage des teneurs des sols en métaux lourds.

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