Accueil>...>Une réduction et une fragmentation des surfaces agricoles et des espaces naturels>Une légère extension des espaces naturels mais une réduction importante des landes, alpages, bocages et haies

Une légère extension des espaces naturels mais une réduction importante des landes, alpages, bocages et haies

Les espaces naturels occupent en 2010 près de 2,5 millions d’hectares soit 55% du territoire régional d’après l’enquête Teruti-Lucas. Les forêts en représentent 68%.

repartition des milieux naturels par type en  2010

Les espaces naturels s’étendent beaucoup plus lentement  dans la période récente, de 2006 à 2010 (environ 370 ha/an) que dans la période précédente de 1993 à 2003 (2 400ha/an), d’après les enquêtes Teruti et Teruti-Lucas.

Cette extension ralentie des surfaces naturelles à l’échelle régionale est un solde qui masque des disparités départementales et locales. Il est la résultante de mouvements croisés d’utilisation des sols. A certains endroits, elles augmentent aux dépens des zones agricoles et à d’autres diminuent, comme dans la Drôme et l’Isère, au profit de l’artificialisation. Parfois, des zones naturelles (alpages, bosquets...) disparaissent au profit d’autres types de zones naturelles (essentiellement forêts).

La forêt est le type d’occupation « naturel » des sols en plus forte progression (+ 2 700 ha/ an entre 2006 et 2010). Son extension se réalise essentiellement en montagne, au détriment de terres agricoles et des landes, alpages, maquis et garrigues qui sont en fort recul (- 2 000 ha/an entre 2006 et 2010) En moyenne montagne et dans les plaines et vallées, ce sont les bosquets et les haies qui reculent rapidement (environ 1 800 ha/an entre 2006 et 2010, d’après l’enquête Teruti-Lucas) alors que ces milieux sont essentiels au maintien d’une biodiversitéDiversité biologique ou nombre et variété des espèces végétales et animales. On distingue la richesse spécifique (les différentes espèces), la diversité génétique - variété génétique au sein d'une même espèce - et la diversité écosystémique c'est-à-dire la variété des écosystèmes qu'on trouve sur Terre (forêts, prairies, lacs,...). élevée.

L’artificialisation contribue non seulement au recul quantitatif des surfaces occupées par les espaces naturels, mais elle contribue également à la fragmentation des écosystèmes. Les infrastructures de transports et les franges d’urbanisation continues créent au sein des espaces naturels (et agricoles) des coupures parfois infranchissables tant pour la faune que pour la flore, réduisant leurs aires d’alimentation et les possibilités d’échanges entre populations, et conduisant au final à une perte de biodiversité. Le recul important des bosquets et des haies est également significatif de la fragilisation des continuités écologiques, ces éléments offrant en milieu périurbainLe périurbain inclut les couronnes périurbaines et les communes multipolarisées, dont au moins 40% de la population résidente ayant un emploi travaille dans plusieurs aires urbaines. et agricole des habitats et des relais pour les déplacements d’un grand nombre d’espèces.

Ces évolutions peuvent aussi conduire à une modification profonde de certains paysages (uniformisation de certains paysages, disparition des interfaces, fermeture des vues...).