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Un usage du bois-énergie qui s'appuie sur des ressources régionales importantes, mais qui peut avoir des impacts sur la qualité de l'air

Laurent Mignaux - MEDDTLLa production de bois-énergie sous forme de plaquettes, granulés et bûches est l'une des plus importantes parmi les régions françaises. Une partie en est exportée. Mais la région se caractérise par l'importance des prélèvements de bois-énergie pour le chauffage directement par les petits propriétaires forestiers.

Une résidence principale sur 5 est équipée d'un appareil de chauffage au bois, une ressource utilisée surtout en appoint. Ce taux d'équipement est en augmentation depuis 2001, après une baisse au cours des années 90. La production d'énergie par les chaufferies des secteurs collectif, tertiaire et industriel est environ 10 fois inférieure à celle du chauffage domestique (61 ktep en 2008 contre environ 500 ktep, d'après l'ADEME). Le nombre de ces chaufferies est en forte augmentation avec le soutien financier de la Région et de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME).

L'augmentation de la production de bois-énergie est nécessaire à l'atteinte des objectifs nationaux de production d'énergie renouvelable et à la limitation des émissions de gaz à effet de serre. Si le cycle du bois en tant que combustible donne lieu à des émissions de gaz à effet de serre, celles-ci sont très largement inférieures aux émissions générées par le chauffage à gaz ou au fioul, et ce quels que soient l'appareil de combustion et la forme de combustible-bois. La combustion du bois présente une forme de neutralité carbone du fait de son rôle dans le captage du CO2Gaz carbonique, principal gaz responsable de l'effet de serre et du changement climatique..

L'augmentation du recours au bois en tant qu'énergie s'avère contrainte en Rhône-Alpes par les enjeux de qualité de l'air et par les difficultés d'exploitation du bois (morcellement forestier, relief et forte naturalité des massifs), en dépit de ressources forestières très importantes. Le plan de mobilisation pour la forêt en Rhône-Alpes, approuvé par la Commission régionale de la forêt et des produits forestiers (CRFPF) vise à l'augmentation des volumes exploités annuellement (+300 000 m3 par an en 2013 et +500 000 m3 en 2020 par rapport à 2006).

Afin de limiter les impacts sur la biodiversitéDiversité biologique ou nombre et variété des espèces végétales et animales. On distingue la richesse spécifique (les différentes espèces), la diversité génétique - variété génétique au sein d'une même espèce - et la diversité écosystémique c'est-à-dire la variété des écosystèmes qu'on trouve sur Terre (forêts, prairies, lacs,...). et les milieux forestiers de cet accroissement des volumes exploités, le « document objectif pour développer la filière bois-énergie en Rhône-Alpes », élaboré conjointement par l'État et les acteurs régionaux de la forêt publique et privée, prévoit que 40% de la production de plaquettes en 2013 et 60% en 2020 soient issus de forêts dont la gestion obéit à des critères de certification environnementale (PEFC ou équivalent).

L'augmentation de la production nécessite par ailleurs la structuration des filières locales, de la formation professionnelle, et l'augmentation des capacités de stockage et de transformation en cohérence quantitative et géographique avec celle des volumes de bois prélevés.

Les objectifs nationaux de développement de la filière visent l'augmentation de la consommation de bois-énergie de l'industrie et du tertiaire, et une augmentation du nombre de logements équipés pour le chauffage, mais une stabilisation de la consommation résidentielle.

La combustion du bois est responsable d'une grande part des émissions de certains polluants atmosphériques nocifs pour la santé (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques [HAP], particules, monoxydes de carbone principalement), dont certains sont présents en Rhône-Alpes à des taux supérieurs aux limites réglementaires (particules). Le chauffage individuel en est pour partie responsable du fait de son développement important et de l'ancienneté de certaines installations.