Un réel enjeu humain, en particulier dans les zones montagnardes

Arnaud Bouissou - MEDDTL 

Les risquesLe risque est la probabilité que survienne un phénomène, d’origine naturelle ou technologique, pouvant constituer une menace pour les personnes, les biens, l’économie, l’environnement, etc. Le niveau de risque est estimé au regard des conséquences qu’aurait le phénomène s’il se produisait : plus les pertes potentielles sont élevées, plus le risque est important, et inversement. Il se mesure en croisant les données relatives à l’aléa, aux enjeux exposés et à leur vulnérabilité. liés aux mouvements de terrain sont importants, en particulier dans les secteurs de montagne. Près de 1500 communes sont concernées, 82 % des communes de Haute-Savoie et 68 % en Isère. Les mouvements de terrain regroupent un ensemble de phénomènes très divers, plus ou moins brutaux, d'origine naturelle ou anthropique. On distingue les mouvements lents (tassements et affaissements de sols, retrait-gonflement des argiles, glissements de terrain le long d'une pente) ou très rapides (effondrements de cavités souterraines naturelles ou artificielles, écroulements et chutes de blocs, coulées boueuses). Près de 1000 communes de la région ont été concernées par des arrêtés de catastrophe naturelle pour mouvements de terrain (hors tassements différentiels liés aux argiles) depuis 1982.

L'évolution des falaises et des versants rocheux engendre des chutes de pierres, de blocs ou des écroulements en masse qui peuvent « s'écouler » sur une grande distance. Le caractère soudain de ces mouvements entraîne un risque conséquent pour les personnes. En montagne, de nombreuses zones urbanisées et de très nombreuses infrastructures routières sont menacées par ces phénomènes. Il n'est pas rare que des habitations ou des bâtiments soient touchés et que des routes soient souvent coupées et endommagées. L'exemple le plus caractéristique est celui de Séchilienne en Isère.

Les glissements de terrain se produisent généralement en situation de forte saturation des sols en eau. Ils peuvent mobiliser des volumes considérables de terrain, qui se déplacent le long d'une pente. L'expérience montre que les accidents de personnes dus aux glissements et coulées sont peu fréquents, mais possibles. On peut citer à titre d'exemples, le glissement de terrain de la Salle en Beaumont qui a causé la mort de 4 personnes en janvier 1994, celui du versant de l'Adverseil à Corps en 2001 qui a recouvert des dizaines d'hectares de terres agricoles et de forêts et emporté une partie de la voie communale, celui de Feternes en Haute-Savoie en 2001.

Les coulées boueuses sont caractérisées par un transport de matériaux sous forme plus ou moins fluide. Elles se produisent sur des pentes, par dégénérescence de certains glissements avec afflux d'eau. La catastrophe du plateau d'Assy en Haute-Savoie en 1970 en est l'exemple le plus marquant (coulée boueuse chargée de débris rocheux et contenant d'importantes quantités de neige sur un sanatorium causant la mort de 71 personnes).

L'évolution des cavités souterraines naturelles (dissolution de gypse, karstUn karst est un massif calcaire dans lequel l'eau a creusé de nombreuses cavités. On parle de massifs ou de reliefs karstiques....) ou artificielles (anciennes carrières et ouvrages souterrains, marnières) peut entraîner l'effondrement du toit de la cavité et provoquer en surface une dépression généralement de forme circulaire. Même si les cavités recensées sont très nombreuses dans certains secteurs, notamment dans les zones de karst (par exemple Chartreuse, Vercors...), peu d'effondrements sont recensés. Les anciennes mines relèvent des risques technologiques.

Les variations de la quantité d'eau dans certains terrains argileux produisent des tassements en période sèche et peuvent avoir des conséquences importantes sur les bâtiments à fondations superficielles. D'après la cartographie nationale réalisée par le BRGMBureau de recherche géologique et minière., comparativement à d'autres, la région est relativement peu concernée, avec un aléaPhénomène d’origine naturelle ou technologique susceptible d’occasionner des dégâts dans un espace donné. faible pour l'essentiel, moyen dans certains secteurs notamment de la Drôme, du nord de l'Ain, au sud de Valence, et très ponctuellement fort dans la Drôme.

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