Un recul marqué du nombre d'actifs, des surfaces, et des revenus agricoles

Bernard Suard - MEDDTL Comme à l’échelle nationale, le nombre d’exploitations agricoles et la surface agricole utile (SAU) en Rhône-Alpes connaissent une diminution importante. 18 000 exploitations ont disparu entre 2000 et 2010 et deux sur trois ces quarante dernières années. L’agrandissement des structures agricoles et des cheptels se poursuit. La SAUComposée des terres labourables, des cultures permanentes ou non (y compris les terrains en préparation et en jachère), des pâturages (ou '' surfaces toujours en herbe '') et des jardins familiaux. a quant à elle diminué entre 2000 et 2010 de près de 6% dans la région. Hormis la Savoie, tous les département sont touchés par cette réduction du foncier agricole, à des degrés divers : -3% dans l’Ain et jusqu’à -12% en Ardèche, Loire et Drôme.

Du fait des difficultés liées au relief et des spécialisations régionales, les exploitations rhônalpines sont structurellement fragilisées par une rentabilité relativement faible. Les revenus des exploitants sont également affectés par les fluctuations des prix agricoles, mais de façon différentes selon les productions et donc selon les territoires. Globalement, les revenus de l’agriculture rhônalpine en 2009 sont équivalents à ceux des années 1980 (source PRAD) mais la production brute standardValeur de la production potentielle des exploitations agricoles. Elle est calculée à partir de coefficients appliqués aux surfaces agricoles et aux cheptels. Ces coefficients résultent de valeurs moyennes sur la période 2005 à 2009. en Rhône-Alpes, qui décrit le potentiel de production des exploitations, représente en 2010 5% de la Production brute standard nationale, soit une baisse de 10% entre 2000 et 2010.

La diminution du nombre d’exploitations va probablement se poursuivre, voire s’amplifier dans les années à venir, avec les départs à la retraite des exploitants de la génération du baby-boom et un taux de reprise incertain. En effet, l’âge moyen des exploitants est en Rhône-Alpes supérieur à la moyenne nationale, un chef d’exploitation sur deux ayant plus de 50 ans. La baisse du nombre d’exploitations touche plus fortement les exploitations non professionnelles, et de façon générale les petites et moyennes exploitations ayant une production brute standard inférieure à 100 000 euros.

Le recul des surfaces agricoles s’opère pour partie au profit de l’artificialisation des solsOn entend par surface artificialisée toute surface retirée de son état naturel (friche, prairie naturelle, zone humide etc.), forestier ou agricole, qu'elle soit bâtie ou non et qu'elle soit revêtue (exemple : parking) ou non (exemple : jardin de maison pavillonnaire). Les surfaces artificialisées incluent donc également les espaces artificialisés non bâtis (espaces verts urbains, équipements sportifs et de loisirs etc.) et peuvent se situer hors des aires urbaines, à la périphérie de villes de moindre importance voire de villages, à proximité des dessertes du réseau d'infrastructures, ou encore en pleine campagne (source : Ministère en charge de l'écologie). résultant de l’étalement urbainL'étalement urbain représente le phénomène d'expansion géographique des aires urbaines par l'implantation en périphérie, au détriment de larges zones principalement agricoles, de types d'habitat peu denses (banlieues pavillonnaires, maisons individuelles). Cette dilatation de l'espace urbain se traduit par une diminution de la densité des zones urbanisées du fait d'une extension géographique plus rapide que la croissance démographique. En d'autres termes, l'étalement urbain décrit le fait que les villes croissent en surface et que le territoire s'artificialise à un rythme beaucoup plus important que ne l'imposerait le seul facteur démographique (source Agence européenne de l'environnement)., du mitageDéveloppement plus ou moins contrôlé de constructions sur des sols jusqu'alors voués à l'agriculture ou aux espaces naturels. Il en résulte une perte de cohérence des paysages et des connexions écologiques. et du développement des infrastructures. Il correspond également, dans certains territoires de montagne, à la progression des friches, landes, ou de la forêt, liée à l’abandon des usages agricoles des terres concernées (culture ou élevage).