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Réconcilier la préservation de l'espace, de la biodiversité, des ressources naturelles et le développement des territoires

 

La région bénéficie d'une variété de climats et de reliefs qui sont à l'origine d'une grande diversité de paysages, de milieux et d'espèces. Plus de la moitié de la région est ainsi constituée d'espaces naturels et si l'on ajoute les espaces agricoles, l'ensemble en représente près des 4/5ème. L'identité de la région repose sur cette diversité et la qualité de ces espaces remarquables : le Mont Blanc, le plateau ardéchois, le Beaujolais...

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Rhône-Alpes est une région attractive tant pour les personnes que pour les activités économiques. C'est la deuxième région française par sa population qui a fortement augmenté (+ 9,4 %) entre 1999 et 2009 et qui continue de croître à un rythme supérieur à la tendance nationale. Près de 10 % de la richesse nationale est produite en Rhône-Alpes.

Ce dynamisme exerce sur l'environnement différentes pressions. La région connaît ainsi depuis 20 ans un rythme élevé d'artificialisation des solsOn entend par surface artificialisée toute surface retirée de son état naturel (friche, prairie naturelle, zone humide etc.), forestier ou agricole, qu'elle soit bâtie ou non et qu'elle soit revêtue (exemple : parking) ou non (exemple : jardin de maison pavillonnaire). Les surfaces artificialisées incluent donc également les espaces artificialisés non bâtis (espaces verts urbains, équipements sportifs et de loisirs etc.) et peuvent se situer hors des aires urbaines, à la périphérie de villes de moindre importance voire de villages, à proximité des dessertes du réseau d'infrastructures, ou encore en pleine campagne (source : Ministère en charge de l'écologie)., se manifestant par de l'étalement urbainL'étalement urbain représente le phénomène d'expansion géographique des aires urbaines par l'implantation en périphérie, au détriment de larges zones principalement agricoles, de types d'habitat peu denses (banlieues pavillonnaires, maisons individuelles). Cette dilatation de l'espace urbain se traduit par une diminution de la densité des zones urbanisées du fait d'une extension géographique plus rapide que la croissance démographique. En d'autres termes, l'étalement urbain décrit le fait que les villes croissent en surface et que le territoire s'artificialise à un rythme beaucoup plus important que ne l'imposerait le seul facteur démographique (source Agence européenne de l'environnement)., par l'extension soutenue des réseaux d'infrastructures de transport de personnes, de biens et d'énergie. Cette artificialisation consomme et fragmente les espaces naturels et agricoles, marque les paysages, transforme les cours d'eau.

Malgré les efforts importants engagés, les effets des activités humaines sur la biodiversitéDiversité biologique ou nombre et variété des espèces végétales et animales. On distingue la richesse spécifique (les différentes espèces), la diversité génétique - variété génétique au sein d'une même espèce - et la diversité écosystémique c'est-à-dire la variété des écosystèmes qu'on trouve sur Terre (forêts, prairies, lacs,...). et les ressources naturelles ne sont pas maîtrisés. De nombreuses espèces demeurent en danger ou menacées, les ressources en eau, tant les cours d'eau que les nappes souterraines, restent très impactées par les pollutions (plus de la moitié des cours d'eau n'atteindront pas le bon étatL'évaluation du bon état des masses d'eau de surface résulte du croisement entre bon état chimique (défini sur la base de la concentration de substances chimiques dangereuses ou prioritaires) et bon état écologique, ce dernier résultant du croisement entre l'état physico-chimique et l'état biologique. L'évaluation du bon état des eaux souterraines est conduite à partir du bon état chimique et quantitatif (équilibre entre prélèvements et capacité de renouvellement). en 2015 comme l'exige la Directive cadre sur l'eau), aux dépens des habitats naturels et espèces associées. Les milieux montagnards et leurs paysages sont en particulier fragilisés par l'urbanisation et les aménagements touristiques, mais aussi par la déprise agricole. Le développement des activités humaines nécessite également des prélèvements importants dans les ressources en eau, dont l'équilibre quantitatif est fragile, et génère des besoins en matières premières (matériaux pour la construction, les biens de consommation...).

Les projections de l'INSEEInstitut national de la statistique et des études économiques. confirment que le dynamisme démographique de la région devrait se poursuivre, les besoins en logements augmenter, la pression et la concurrence pour l'utilisation des ressources se faire plus fortes. L'aménagement du territoire doit contribuer à l'amélioration de la qualité et du cadre de vie des habitants en maintenant la richesse des paysages, des espaces agricoles et naturels et des espèces associées ; l'exploitation des ressources doit être adaptée à leur disponibilité et capacité de renouvellement. Cet équilibre est indispensable aux sociétés humaines qui dépendent des services rendus par la biodiversité (nourriture, épuration de l'eau, de l'air, régulation des crues, santé, loisirs...). Cet enjeu de réconciliation entre préservation et développement prend encore plus d'acuité dans la perspective du changement climatique qui modifiera les milieux naturels et les ressources en eau.

5 axes stratégiques déclinent cet enjeu :

  1. Maîtriser la consommation des espaces naturels ou agricoles et favoriser les continuités écologiques.

  2. Renforcer la contribution des espaces agricoles et forestiers à la préservation de la biodiversité et des ressources en eau, à la qualité paysagère des territoires et à la lutte contre le changement climatique

  3. Poursuivre la protection des espèces et habitats pour lesquels la région a une responsabilité forte

  4. Restaurer et préserver la qualité des ressources en eau et des milieux aquatiques et retrouver l'équilibre quantitatif de la ressource

  5. Économiser, réemployer et recycler les matières premières et les matériaux