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La pollution chronique de l'air, tout aussi importante que les pics de pollution

Laurent Mignaux - MEDDTLEn matière de qualité de l'air, les risquesLe risque est la probabilité que survienne un phénomène, d’origine naturelle ou technologique, pouvant constituer une menace pour les personnes, les biens, l’économie, l’environnement, etc. Le niveau de risque est estimé au regard des conséquences qu’aurait le phénomène s’il se produisait : plus les pertes potentielles sont élevées, plus le risque est important, et inversement. Il se mesure en croisant les données relatives à l’aléa, aux enjeux exposés et à leur vulnérabilité. ne sont pas exclusivement liés aux épisodes ponctuels de pollution (avec des manifestations cliniques aiguës survenant dans des délais brefs) mais aussi aux expositions chroniques. La pollution de l'air a un rôle dans le développement ou l'aggravation de nombreuses pathologies, plus particulièrement pour les populations sensibles (enfants, personnes âgées...) : asthme, allergies, insuffisances respiratoires, maladies cardiovasculaires, cancers... Elle est une cause d'augmentation de la morbidité voire de la mortalité prématurée. Des effets sont observables même pour de faibles niveaux de pollution. Les pollens peuvent aussi interagir avec les polluants atmosphériques, ces interactions aggravant la sensibilité immunologique aux pollens.

Un programme de surveillance air et santé mis en place au sein de neufs grandes villes françaises, dont la ville de Lyon, a permis de dresser une analyse des liens à court terme entre pollution atmosphérique urbaine et mortalité. Sur l'ensemble des villes, des associations ont pu être mises en évidence entre tous les indicateurs de pollution et de mortalité considérés. Ainsi, une augmentation des concentrations en particules, dioxyde d'azote et ozoneA très haute altitude, dans la haute atmosphère, l'ozone protège les organismes vivants en absorbant une partie des rayons ultra-violets. Mais à basse altitude, c'est un polluant qui irrite les yeux et l'appareil respiratoire, et qui a des effets sur la végétation. Ce polluant pose problème essentiellement en été. En effet, il n'est pas directement émis dans l'atmosphère mais se forme par réaction chimique à partir d'autres polluants (notamment les oxydes d'azote, les composés organiques volatils...) sous l'action du rayonnement solaire. est significativement associée à une augmentation du risque de décès pour causes cardiovasculaire et cardiaque le jour même et le lendemain, même pour une qualité de l'air ayant respecté globalement les objectifs réglementaires. Les résultats de la dernière phase du programme, publiés en 2008, ont montré qu'une réduction des niveaux de fond de la pollution, notamment particulaire, en agissant sur l'exposition chronique de la population permettrait des gains en termes de santé plus importants qu'en agissant simplement sur les pics de pollutions.

La cellule de l'Institut de veille sanitaire (InVS) en région Rhône-Alpes a également mis en oeuvre en 2006 et 2007 sur les agglomérations de Lyon, Grenoble, Valence et Saint-Etienne la méthodologie d'évaluation de l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique définie par l'INVSInstitut national de veille sanitaire. Il s'agissait de quantifier cet impact en termes de décès et d'hospitalisations. L'étude a montré que les jours de forte pollution ont un impact sur la santé avéré mais bien moins important que celui de la pollution de fond à laquelle les populations sont exposées de manière chronique.

Concernant les rejets atmosphériques des industries, le premier plan régional santé environnement 2006-2010 (PRSE1) a permis de mettre en oeuvre des actions prioritaires de réduction des oxydes d'azotePolluant atmosphérique (monoxyde d'azote + dioxyde d'azote) issu de la combustion de combustibles fossiles (charbon, fuel, pétrole, essence...). Le dioxyde d'azote (NO2) est irritant pour les bronches. Le monoxyde d'azote (NO) n'est pas toxique pour l'homme aux concentrations auxquelles on le rencontre dans l'environnement., de benzèneLe benzène est un hydrocarbure aromatique cancérigène. Il est contenu dans les produits pétroliers comme l'essence ou le fioul. Il est rejeté lors de leur combustion ou par simple évaporation sous l'effet de la chaleur (réservoirs automobiles)., de dioxinesGroupe de substances chimiques organiques persistantes dont les effets sur la santé sont mal évalués. Elles sont omniprésentes dans le sol, les sédiments et l'air. Elles peuvent être produites par l'activité des volcans ainsi que par les incendies de forêts. Elles sont également produites involontairement lors de processus thermiques mettant en présence du chlore et des substances organiques ou lors de l'incinération des déchets. et de métaux lourdsMétaux présentant une densité élevée, présents naturellement dans l'environnement à l'état de traces. Les principaux métaux lourds sont le plomb, le cadmium, le mercure, l'arsenic, le chrome et le nickel. Ils sont dangereux pour l'environnement car ils ne sont pas dégradables. Les métaux lourds ont diverses origines : les roches du sol (arsenic, plomb...) la pollution atmosphérique (plomb, cadmium...), les engrais (cadmium, plomb, arsenic...), les boues urbaines (mercure, plomb, cadmium...)., actions qui doivent se poursuivre dans le cadre du plan 2011-2014 (PRSE2), en complément d'autres polluants prioritaires (solvants chlorés, HAPHydrocarbures aromatiques polycycliques. Ce sont des molécules principalement issues de combustion, susceptibles de nuire à la santé. Parmi celles-ci, le benzo(a)pyrène est un traceur de cette famille, reconnu cancérigène pour l'homme., arsenic, PCBPolychlorobiphényles. Dérivés chimiques chlorés plus connus sous le nom de pyralène. Leur toxicité étant avérée, ils sont interdits. Ils ont été utilisés pour leurs qualités d'isolants électriques et de lubrification. Du fait de leur persistance, ils s'accumulent dans les sols et sédiments. Ils font l'objet d'un plan d'action national. notamment).