La neige de culture

Laurent Mignaux - MEDDTLLa neige de cultureNeige produite artificiellement et utilisée sur les domaines skiables en début de saison ou en appoint en cas d'aléa climatique. est une neige produite régulièrement et de manière croissante depuis le début des années 1990 sur les domaines skiables. Si initialement cette pratique était destinée à assurer le début de saison ou était utilisée en appoint en cas d'aléaPhénomène d’origine naturelle ou technologique susceptible d’occasionner des dégâts dans un espace donné. climatique, elle s'est développée sur certaines stations pour fiabiliser la saison de sports d'hiver. Elle permet d'assurer l'enneigement satisfaisant de 20 à 25 % de l'ensemble des domaines skiables français (source ANMSM pour 2009).

Cette neige de culture est constituée d'eau et d'air froid, les stations rhônalpines n'ont plus recours à des additifs cryogènes permettant de fabriquer de la neige à une température plus élevée. Sa production nécessite des installations d'enneigement comprenant :

  • le prélèvement,
  • une usine de fabrication,
  • et un réseau d'enneigeurs (connus sous l'appellation de canons à neige)

Le prélèvement d'eau nécessaire à la production peut se faire depuis :

  • une installation hydroélectrique (barrage ou conduite d'amenée d'eau),
  • un réseau d'alimentation en eau potable (trop-plein),
  • les eaux de surface ou souterraines (prélèvement direct). Dans certains cas, le prélèvement est réalisé à partir d'une retenue d'altitude, c'est à dire d'un ouvrage de stockage jouant le rôle de bassin tampon.

La neige de culture fait débat. Elle a un impact favorable sur le fonctionnement économique des stations mais elle questionne en particulier quant à ses impacts environnementaux ceci dans un contexte de variabilité et de réchauffement climatique.

Concernant la ressource en eau
Tout comme pour d'autres usages de l'eau, au-delà de la question des quantités prélevées sur le milieu, ce sont les conditions dans lesquelles les prélèvements sont effectués qui s'avèrent essentielles. Ils doivent respecter la disponibilité de la ressource, ce qu'elle peut supporter en quantité de prélèvement au moment où il est réalisé avec une attention soutenue en période d'étiageBaisse périodique du niveau d'un cours d'eau. Le débit d'étiage est le débit minimum d'un cours d'eau. hivernal. Il s'agir de concilier tant les différents usages anthropiques de l'eau (en particulier pour l'eau potable) que les besoins des différents milieux aquatiques eux-mêmes en respectant le débit minimum nécessaire à la vie aquatique.

S'agissant des milieux associés
Cet usage de la neige de culture par ses installations et leurs impacts est susceptible d'engendrer des dégradations paysagères, des assèchements partiels voire la disparition des zones humidesAu sens du code de l'environnement, terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau, de façon permanente ou temporaire - la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hydrophiles pendant au moins une partie de l'année. ainsi que la mise en péril d'espèces protégées.

L'élaboration des SAGEDocument de planification élaboré par une Commission Locale de l'Eau à l'échelle d'un bassin versant. Il doit être compatible avec le SDAGE (schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux). Il comprend un plan d'aménagement et de gestion durable (PAGD) qui définit les objectifs prioritaires du SAGE et les moyens pour les atteindre et un règlement qui définit les règles directement opposables aux tiers. Le SAGE a une portée juridique. Il en existe une quinzaine en Rhône-Alpes. implique une concertation avec les multiples usagers et une attention globale à la conciliation des usages de l'eau. Pour les SAGE comprenant un territoire de montagne, la conciliation des usages est étendue à la neige de culture. II s'agit de coordonner les projets de prélèvements par des retenues d'altitude et d'éviter les risquesLe risque est la probabilité que survienne un phénomène, d’origine naturelle ou technologique, pouvant constituer une menace pour les personnes, les biens, l’économie, l’environnement, etc. Le niveau de risque est estimé au regard des conséquences qu’aurait le phénomène s’il se produisait : plus les pertes potentielles sont élevées, plus le risque est important, et inversement. Il se mesure en croisant les données relatives à l’aléa, aux enjeux exposés et à leur vulnérabilité. de manque d'eau ou de destruction de milieux ou d'espèces de grande valeur.
Après le constat national en 2009 par le Commissariat Général au Développement durable du ministère chargé de l'écologie (Neige de culture : état des lieux et impacts environnementaux) sur l'insuffisance d'informations disponibles en matière de prélèvement pour la neige de culture, la connaissance en Rhône-Alpes, actuellement partielle a vocation, à être complétée notamment par une action des services en charge de la police de l'eau. Un observatoire des prélèvements pour la neige de culture a été lancé à partir de la saison 2010/2011 par la Direction départementale des Territoires de la Savoie sur la base d'enquêtes annuelles.

Pour aller plus loin :