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La maîtrise des risques, la préparation des situations d'urgence et l'information du public

Arnaud Bouissou - MEDDTL L'exploitant (EDF pour les centrales) est le premier responsable de la sûreté de ses installations et de ses activités. L'ASNAutorité de sécurité nucléaire, contrôle que les dispositifs de sûreté assurent leur fonction et que les règles de sûreté sont rigoureusement respectées par l'exploitant.

Les risquesLe risque est la probabilité que survienne un phénomène, d’origine naturelle ou technologique, pouvant constituer une menace pour les personnes, les biens, l’économie, l’environnement, etc. Le niveau de risque est estimé au regard des conséquences qu’aurait le phénomène s’il se produisait : plus les pertes potentielles sont élevées, plus le risque est important, et inversement. Il se mesure en croisant les données relatives à l’aléa, aux enjeux exposés et à leur vulnérabilité. auxquels est soumise une installation nucléaire de base (INB) sont pris en compte dès sa conception. Ils sont analysés dans le rapport définitif de sûreté qui est mis à jour au cours du temps. Ainsi, tous les dix ans, le niveau de sûreté des installations est réévalué sur la base des nouvelles connaissances et des nouvelles règles applicables.

Dans ce cadre, l'ASN est chargée de se prononcer sur la poursuite d'exploitation des centrales au-delà de 30 ans de fonctionnement. Elle a ainsi approuvé en 2010 la poursuite d'exploitation du réacteur n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin pour une durée de dix années supplémentaires et a entamé l'instruction du dossier de poursuite d'exploitation du réacteur n°2 de la centrale nucléaire du Bugey et du réacteur n°2 de la centrale nucléaire du Tricastin.

Toutefois, comme le risque d'accident n'est jamais totalement exclu, il convient de préparer le plus en amont possible les situations d'urgence radiologique et d'informer le public le plus possible sur les risques liés au nucléaire.

L'objectif de la sûreté nucléaire est de prévenir les accidents et d'en limiter les conséquences. A cet effet, l'exploitant dispose en interne d'un plan d'urgence interne (PUI) qu'il teste régulièrement. En complément est mis en place un plan qui implique la population, l'exploitant et les pouvoirs publics : le plan particulier d'intervention (PPI) qui s'applique par exemple dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires.

Périodiquement des exercices de crise, concernant notamment les centrales nucléaires permettent de tester la gestion des situations d'urgence radiologique. Les derniers exercices ont eu lieu en 2010 pour la centrale du Tricastin et en 2011 pour celle de Cruas. Par ailleurs, des campagnes régulières de distribution de comprimés d'iode ont lieu pour chaque foyer vivant dans un périmètre de 10 km autour de la centrale : ces cachets sont à prendre en cas d'accident nucléaire afin de saturer la thyroïde en iode non radioactive et d'éviter que de l'iode radioactive ne s'y fixe avec le risque de développement d'un cancer. Les établissements recevant du public dans cette zone ont également été concernés.

Constatant que la population résidant dans les zones les plus proches des centrales augmentait, l'ASN a contribué à la réalisation de porter à connaissanceDocument établi par le Préfet en amont de l'élaboration des documents d'urbanisme. A cette occasion, l'État porte à la connaissance des collectivités les informations nécessaires à l'exercice de leurs compétences : éléments juridiques tels que directives territoriales d'aménagement, servitudes d'utilité publique (SUP), projets d'intérêt général (PIG), protections existantes en matière de préservation et de patrimoine, de risques... dans les zones les plus proches des installations, où un risque d'accident à cinétique rapide existe. Ces recommandations de maîtrise d'urbanisation visent à limiter l'installation de projets sensibles dans les zones concernées.

En matière de sûreté nucléaire, le public dispose d'un droit d'accès à une information fiable et accessible. C'est pourquoi l'ASN fournit au public des informations sur divers supports, notamment son site internet. Elle met notamment à disposition du public les lettres de suite des inspections réalisées dans les installations, ainsi que des avis d'information sur les événements significatifs qui y surviennent.

Enfin, pour chaque installation nucléaire de base, il existe une commission locale d'information. Cette commission a entre autres une mission d'information du public sur le fonctionnement des installations et le suivi de leur impact sur l'environnement, elle se réunit 2 à 3 fois par an, elle peut commander des expertises indépendantes. Ainsi, en 2010, la commission locale d'information autour des grands équipements du Tricastin a contribué à la réalisation de deux études, l'une relative à la caractérisation de la nappe phréatique de la plaine du Tricastin et l'autre relative à l'observation des cancers dans la zone du PPIPlan d'urgence définissant l'organisation des secours en cas d'accident dans un établissement Seveso. du Tricastin.