Des zones humides en régression

Thierry Degen - MEDDTL

Les zones humidesAu sens du code de l'environnement, terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau, de façon permanente ou temporaire - la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hydrophiles pendant au moins une partie de l'année. sont un élément caractéristique des paysages et des milieux naturels régionaux. Les régions d'étangs de la Dombes et du Forez offrent des exemples d'agrosystèmes créés par l'homme et présentant un haut niveau de biodiversitéDiversité biologique ou nombre et variété des espèces végétales et animales. On distingue la richesse spécifique (les différentes espèces), la diversité génétique - variété génétique au sein d'une même espèce - et la diversité écosystémique c'est-à-dire la variété des écosystèmes qu'on trouve sur Terre (forêts, prairies, lacs,...).. La Dombes est ainsi l'ensemble naturel accueillant le plus grand nombre d'espèces d'oiseaux dans toute la région : d'après le programme Wetlands International, plus d'un quart des oiseaux d'eau hivernant en Rhône-Alpes sont dénombrés dans les Dombes et la vallée de l'Ain, les autres principaux sites d'accueil étant le Haut-Rhône, le Lac du Bourget, le Léman français et la plaine de Forez.

Les tourbièresZone humide caractérisée par l'accumulation progressive de la tourbe, à très forte teneur en matière organique majoritairement végétale, peu ou pas décomposée. Cette caractéristique fait des tourbières des puits de carbone et des milieux propices au développement d'une biodiversité élevée., zones humides rares à l'échelle nationale et particulièrement riches du point de vue de la biodiversité, sont fortement présentes en Rhône-Alpes (1ère région française avec plus de 10 000 hectares en 1999, situés principalement dans les Alpes et le Massif Central, d'après le Conservatoire Rhône-Alpes des espaces naturels). La valeur patrimoniale de ces milieux tient également à une édification très lente (2 000 à 5 000 ans).

Mais les surfaces de zones humides sont en régression à l'échelle régionale (plaines alluviales en particulier) comme à l'échelle nationale. Les causes majeures de cette évolution sont liées à l'évolution des pratiques agricoles et forestières (drainage, plantations de peupliers ou de résineux), à l'urbanisation et à la création d'infrastructures de transports et de loisirs (remblais détruisant les zones humides ou perturbant leur fonctionnement), et à la création de plans d'eau et retenues, notamment pour la production d'électricité et de neige artificielle (ennoiement des zones humides).

La qualité des zones humides est également dégradée, notamment par les pratiques agricoles (pollutions diffuses de l'eau, retournement des prairies et suppression des haies favorisant le ruissellementÉcoulement des eaux de pluie à la surface du sol pouvant transporter notamment des polluants et, ne s'infiltrant pas, empêchant les eaux souterraines de se renouveler. et l'eutrophisation)

Ces perturbations ont des conséquences sur la biodiversité des zones humides, mais également sur le régime des crues des cours d'eau liés, la qualité des eaux et la qualité agronomique des sols. Elles ont donc aussi des impacts sur les activités économiques et de loisirs liées à ces zones humides (ex : une mauvaise qualité des eaux entraînant une interdiction de baignade ou pratique de loisirs nautiques).