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Des services écologiques de la forêt soumis à des pressions d'origine naturelle et humaine

Arnaud Bouissou - MEDDTL Malgré son extension à l'échelle régionale au cours des dernières décennies, la forêt rhônalpine est soumise à des pressions, d'origine anthropique comme naturelle, qui portent atteinte à ses fonctions écologiques.

Dans les zones de déprise agricole ou pastorale en lisière de massifs, en l'absence d'un entretien adapté, la progression de la forêt se traduit par l'enfrichement, puis la fermeture du couvert et des milieux, entraînant une perte de biodiversitéDiversité biologique ou nombre et variété des espèces végétales et animales. On distingue la richesse spécifique (les différentes espèces), la diversité génétique - variété génétique au sein d'une même espèce - et la diversité écosystémique c'est-à-dire la variété des écosystèmes qu'on trouve sur Terre (forêts, prairies, lacs,...).. C'est le cas dans de nombreuses zones de montagne.

L'exploitation  régulière des forêts, sans mise en oeuvre de mesures de gestion adaptées, conduit à une homogénéisation, réduisant la présence de nombreuses espèces vivantes (mousses, lichens, champignons, coléoptères, oiseaux notamment) et peut perturber la contribution de la forêt au cycle de l'eau et à la limitation de l'érosion des sols.

Les forêts de la région font également l'objet de nombreux usages de loisirs, qui correspondent à une forte demande des rhônalpins, mais peuvent être préjudiciables à la biodiversité (sur-fréquentation, destruction pour la construction d'infrastructures touristiques,...). Les forêts subissent également localement les effets du développement de l'urbanisation et des infrastructures de transport, de télécommunications et de production d'énergie.

La régénération des forêts peut être ralentie par la présence abondante de certaines espèces d'ongulés (cerfs, chevreuils principalement), qui se nourrissent des jeunes pousses. Ce phénomène existe sur certains secteurs de montagne, car l'enneigement renforce la concentration spatiale et la concurrence entre les espèces. La population de ces gibiers est en forte progression depuis 25 ans, alors qu'ils avaient presque disparus dans les années 1950.

Certaines essences d'arbres sont menacées par la prolifération d'espèces parasites (scolyte de l'épicéa, gui sur sapin pectiné), avec des conséquences pour la biodiversité, mais également en matière de risquesLe risque est la probabilité que survienne un phénomène, d’origine naturelle ou technologique, pouvant constituer une menace pour les personnes, les biens, l’économie, l’environnement, etc. Le niveau de risque est estimé au regard des conséquences qu’aurait le phénomène s’il se produisait : plus les pertes potentielles sont élevées, plus le risque est important, et inversement. Il se mesure en croisant les données relatives à l’aléa, aux enjeux exposés et à leur vulnérabilité. naturels et de gestion des paysages.
Le changement climatique est également susceptible de modifier fortement les aires de répartition des essences, et d'entraîner des phénomènes de dépérissement liés aux événements climatiques extrêmes.