Des risques sanitaires accrus

GUY F / Agence d'Urbanisme de Lyon 

Le changement climatique et ses conséquences régionales sont porteurs de risquesLe risque est la probabilité que survienne un phénomène, d’origine naturelle ou technologique, pouvant constituer une menace pour les personnes, les biens, l’économie, l’environnement, etc. Le niveau de risque est estimé au regard des conséquences qu’aurait le phénomène s’il se produisait : plus les pertes potentielles sont élevées, plus le risque est important, et inversement. Il se mesure en croisant les données relatives à l’aléa, aux enjeux exposés et à leur vulnérabilité. accrus pour la santé des populations et la sécurité des biens et des personnes.

Le principal risque sanitaire est lié à la surmortalité estivale due à l'augmentation des fortes chaleurs et épisodes caniculaires. Il sera renforcé par la hausse de la population vulnérable du fait du vieillissement de la population régionale. Les effets de la chaleur seront plus aigus en milieu urbain, où réside la plus grande partie de la population, du fait de densités importantes du bâti pouvant entraîner la formation d'îlots de chaleurLes îlots de chaleur urbains désignent des élévations localisées des températures enregistrées en milieu urbain par rapport aux zones rurales ou forestières voisines ou par rapport aux températures moyennes régionales.. La prévention passe par l'amélioration du confort thermique en ville, dans les bâtiments accueillant des publics sensibles (établissements scolaires, de santé, maisons de retraite), les logements et les transports.

Depuis la canicule de l'été 2003, des actions de prévention, un système d'alerte et d'information des citoyens ont été mis en place par le réseau des différents acteurs concernés (État, Institut national de veille sanitaire [InVS], Météo France, collectivités territoriales, établissements de santé, acteurs sanitaires et sociaux).

L'augmentation des températures aura également pour effet d'accroître la pollution atmosphérique à l'ozoneA très haute altitude, dans la haute atmosphère, l'ozone protège les organismes vivants en absorbant une partie des rayons ultra-violets. Mais à basse altitude, c'est un polluant qui irrite les yeux et l'appareil respiratoire, et qui a des effets sur la végétation. Ce polluant pose problème essentiellement en été. En effet, il n'est pas directement émis dans l'atmosphère mais se forme par réaction chimique à partir d'autres polluants (notamment les oxydes d'azote, les composés organiques volatils...) sous l'action du rayonnement solaire. en été, avec des conséquences sur les maladies respiratoires et cardiovasculaires. Elle entraînera l'allongement de la saison de pollinisation et donc un risque de maladies allergènes accru (ambroisie notamment), et augmentera l'incidence des maladies à vecteurs (leishmanioses, virus West Nile, Chikungunya, paludisme).

Des problèmes ponctuels de qualité des eaux de surface utilisées pour la production d'eau potable pourraient également être posés par la réduction de la ressource et la hausse des températures des eaux.

L'Observatoire régional de la santé de Rhône-Alpes assure le suivi de l'état de santé de la population. Les actions du 2ème plan régional santé environnement (2011) contribuent également à la prévention et au suivi des risques sanitaires.

La recrudescence des risques naturels, et à travers eux des risques technologiques (risque de rupture de barrage, exposition des installations dangereuses aux risques naturels), représente également un risque accru pour la sécurité des biens et des personnes.

Il est à noter que la faible culture du risque représente un facteur aggravant pour les populations nouvellement concernées (risques de montagne, maladies à vecteurs, populations peu habituées aux fortes chaleurs contrairement à celles du sud de la région, touristes...).