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Des paysages transformés par la périurbanisation et les équipements

Les paysages émergents ne sont plus des paysages ruraux ou naturels mais ne peuvent pour autant être assimilés à des paysages urbains. A proximité des agglomérations, ils offrent un paysage d'urbanisation diffuse à vocation résidentielle. Ils représentent entre 5 et 10% du territoire de Rhône-Alpes : de Lyon à Bourg-en-Bresse, de Grenoble à Chambéry, le long du lac d'Annecy, du lac Léman et de la frontière suisse.

Caractérisés par une faible densité, ils sont entre ville et campagne, témoins d'une nouvelle façon d'envisager son quotidien, illustration d'une demande sociale importante pour un mode de vie alliant le désir de vivre à la campagne au besoin de connexion rapide aux grands centres urbains où la pression foncière est importante.

L'espace reste ouvert, le regard peut toujours porter au loin mais non sans rencontrer des éléments de rupture comme une route départementale ou nationale ou plusieurs maisons individuelles récemment construites. En effet, les pavillons se multiplient en fond de vallée ou sur les coteaux tandis que s'imposent à l'horizon les massifs arborés. L'élément de naturalité est interstitiel (champs, haies, etc.) ou relayé à l'arrière-plan (massifs montagneux).

Sur le moyen terme, les SCOTDocument d'urbanisme qui détermine, à l'échelle de plusieurs communes ou groupements de communes, un projet de territoire qui vise à mettre en cohérence l'ensemble des politiques sectorielles notamment en matière d'urbanisme, d'habitat, de déplacements et d'équipements commerciaux, dans un environnement préservé et valorisé. Il a été instauré par la loi SRU (Solidarité renouvellement urbain) du 13 décembre 2000. La loi Grenelle 2 renforce les objectifs des SCOT : il doit ainsi contribuer à réduire la consommation d'espace (lutter contre la périurbanisation), à préserver les espaces affectés aux activités agricoles ou forestières, à équilibrer la répartition territoriale des commerces et services, à améliorer les performances énergétiques, à diminuer les obligations de déplacement, réduire les émissions de gaz à effet de serre et renforcer la préservation de la biodiversité et des écosystèmes, notamment via la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques. imposent une réduction des zones constructibles et une protection renforcée des zones agricoles et naturelles pour lutter contre le mitageDéveloppement plus ou moins contrôlé de constructions sur des sols jusqu'alors voués à l'agriculture ou aux espaces naturels. Il en résulte une perte de cohérence des paysages et des connexions écologiques..

inauguration DREAL
Les paysages marqués par les grands équipements correspondent essentiellement à des couloirs géographiques de déplacement fortement aménagés aux XIXème et XXème siècles. Ces espaces fonctionnels, initialement naturels ou ruraux, sont également ponctués de grands équipements industriels ou énergétiques : usines, centrales nucléaires ou thermiques, aménagements hydrauliques, carrières, etc. L'habitat reste secondaire par rapport à la monumentalité de ces aménagements.

Le regard y est tributaire des infrastructures. Dans certains endroits de la vallée du Rhône, il est ainsi unidirectionnel, porté par le flux de l'autoroute. Dans l'ensemble des vallées alpines qui sont étroites, le regard ne suit qu'une direction. Il est fermé sur les côtés par la topographie ou les activités industrielles et commerciales qui longent ces axes.
Il est important d'éviter le développement d'une urbanisation continue et monotone le long de ces infrastructures en conservant ou en créant des coupures vertes. Dans les vallées, l'objectif de reconquête des berges de rivière est souvent affiché mais reste long et difficile à concrétiser.

A court et moyen terme, se pose également la question de la requalification paysagère de grands sites industriels en reconversion ou d'établissements industriels devenus obsolètes. Le projet du réaménagement des anciens terrains du Giat à Saint-Chamond (42), lauréat du concours Europan en France en 2008, s'annonce comme une expérience à suivre.

 

Le développement des énergies renouvelables doit être accompagné d'un travail important en termes de paysage. La région Rhône-Alpes compte de nombreuses et anciennes installations hydroélectriques qui ont dessiné des paysages spécifiques dans les vallées alpines marquées par les centrales, barrages, lacs de rétention, lignes à haute-tension, etc. Le projet Schéma régional climat air énergie fixe comme objectif d'atteindre un productible hydroélectrique régional supplémentaire de 0,6 TWh/an. Des paysages hydroélectriques continuent donc à se créer et à évoluer (projet EDF d'une centrale souterraine dans la vallée de la Romanche) alors que pour atteindre les objectifs de production d'électricité par énergies renouvelables, les regards se tournent désormais vers l'éolien et le solaire (thermique et photovoltaïque).

Laurent Mignaux - <a href=MEDDTLMinistère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement " class="styleFloatRight" height="451" src="images/LM010251-1_01.jpg" width="300">Le Schéma régional éolien (SRE) annexé au Schéma régional climat air énergie est la seule partie opposable du SRCAEInstauré par la loi Grenelle 2, le schéma régional climat air énergie est un nouveau document d'orientation stratégique qui est élaboré conjointement par l'État et la Région. Il définit les orientations et les objectifs régionaux aux horizons 2020 et 2050 en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de maîtrise de la demande énergétique, de développement des énergies renouvelables, de lutte contre la pollution atmosphérique et d'adaptation au changement climatique. Il est en cours d’élaboration en Rhône-Alpes. . Il détermine les zones de la région favorables au développement de l'éolien dans lesquelles pourront être définies des zones de développement de l'éolien (ZDE). Ce Schéma comporte également une évaluation du potentiel de développement de l'éolien à l'horizon 2020, intégrant les sensibilités environnementales, au travers de la définition de zones productives. Il identifie en outre des zones où le développement de l'éolien devrait se réaliser de façon privilégiée. Dans chacune de ces zones, sont proposées des recommandations spécifiques prenant en compte les enjeux patrimoniaux, naturalistes et paysagers. En complément, certains départements ont mis en place un Schéma départemental éolien.

L'Ardèche et la Drôme, départements les plus concernés par les projets de développement éolien , ont intégré un volet paysager à leur Schéma départemental éolien. L'idée est constante : une éolienne, comme une centrale photovoltaïque au sol, ne peut être cachée, comment alors la faire dialoguer au mieux avec son environnement. Chaque projet de développement d'énergies renouvelables doit donc être aussi un projet de paysage. Les schémas départementaux éoliens proposent des principes concernant l'implantation d'éoliennes et alertent sur les zones sensibles du point de vue patrimonial (nature et culture). Par exemple, celui de l'Ardèche préconise qu'une éolienne sur un plateau soit implantée a minima à 200 mètres dans les terres, avant la rupture de pente, permettant ainsi que la perception de l'éolienne du fond de vallée soit atténuée. Près d'un monument historique, l'éolienne ne peut former un appel visuel concurrentiel. Mais si l'Ardèche et la Drôme sont les deux départements supportant la plus forte pression en matière de développement de l'éolien, ils sont aussi les plus propices au développement du photovoltaïque au regard de leur ensoleillement.

Afin de limiter l'impact, notamment sur les milieux naturels et le paysage, et d'éviter la consommation de ressource foncière agricole, le projet de SRCAE oriente les projets vers les espaces dépréciés (friches industrielles, anciennes décharges et carrières, etc.)

Les bonnes conditions d'ensoleillement sur l'ensemble de la région font de Rhône-Alpes un territoire favorable à la production d'énergie électrique d'origine photovoltaïque, intégrée au bâti ou passant par la réalisation de parcs au sol. De nouveaux paysages et ambiances sont créés par l'utilisation de surfaces importantes (plusieurs hectares) et le miroitement des installations. L'enjeu paysager est un enjeu de perception visuelle mais aussi sociale. Depuis 2009, les projets d'installations photovoltaïques de plus de 250 kWcKilowatt-crête. La puissance crête d'un système photovoltaïque correspond à la puissance électrique délivrée par ce même système dans des conditions standards d'ensoleillement (1 000 W/m²), de température (25°C) et de standardisation du spectre de la lumière (AM 1,5). sont soumis à une étude d'impact environnementale, accompagnée d'une notice d'intégration paysagère permettant d'apprécier l'impact visuel du parc (perception proche, rapprochée et lointaine) et d'optimiser l'intégration de l'installation. Ils font également l'objet d'appels à projet. Les études préalables doivent donc porter sur l'analyse des visibilités, covisibilités et concurrences paysagères mais aussi sur la médiation avec l'ensemble des acteurs du territoire. Cela est particulièrement vrai en zone de montagne où les centrales solaires au sol soulèvent des questions paysagères liées à leur forte visibilité depuis les hauteurs ou les versants opposés.