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Des massifs forestiers aux fonctions économiques, touristiques et environnementales

Laurent Mignaux - MEDDTL La filière d’exploitation du bois compte environ 60 000 emplois dans la région, au sein de 650 exploitants forestiers, 330 scieries et de nombreuses usines de transformation (pâtes à papier, papiers, cartons, palettes, caisserie, tabletterie, bûches, granulés,...). La filière est exposée aux conséquences de la diminution du prix du bois depuis plusieurs décennies et par la concurrence des bois d’importation.

La forêt rhônalpine se signale par l’importance relative des surfaces de forêts publiques dans les secteurs de montagne de la Savoie (44% des surfaces forestières y sont publiques en 2009, d’après l’IFN), de la Drôme et de l’Isère, et dans une moindre mesure de l’Ain et de la Haute-Savoie. Elles forment en montagne une grande partie des forêts de protectionForêts classées par l'État dans un but de protection contre l'érosion, les avalanches, l'envahissement des eaux ou pour la protection de certains écosystèmes. physique contre les aléas naturels (chutes de blocs, avalanches, glissements de terrain, maintien de lits des torrents de montagne) et occupent en moyenne ou basse altitude les sols les moins favorables à l’agriculture et à l’élevage.

La forêt privée est en revanche quasi-exclusive dans la Loire, le Rhône et l’Ardèche. Elle présente la caractéristique d’être très morcelée entre de nombreux propriétaires.

Putre l’exploitation du bois, notamment pour l’importante consommation de bois de chauffage régionale, la forêt rhônalpine est le lieu d’importantes fréquentations touristiques, notamment en montagne. Elle participe à la protection contre les risquesLe risque est la probabilité que survienne un phénomène, d’origine naturelle ou technologique, pouvant constituer une menace pour les personnes, les biens, l’économie, l’environnement, etc. Le niveau de risque est estimé au regard des conséquences qu’aurait le phénomène s’il se produisait : plus les pertes potentielles sont élevées, plus le risque est important, et inversement. Il se mesure en croisant les données relatives à l’aléa, aux enjeux exposés et à leur vulnérabilité. et l’érosion des sols, elle est une composante importante des paysages régionaux, et ses milieux diversifiés abritent de nombreuses espèces végétales et animales. Ces différentes fonctions de la forêt doivent être maintenues en équilibre. Des chartes forestières de territoires (21 en Rhône-Alpes dont 2 en cours d’élaboration mai 2012) visent à la prise en compte de ces multiples fonctions et à leur intégration dans les stratégies de développement des territoires.

Bien qu’étant la deuxième région derrière l’Aquitaine pour la surface forestière et la première pour le volume de bois disponible en forêt de production (d’après l’IFNInventaire forestier national. en 2009), Rhône-Alpes est seulement la quatrième région pour le volume récolté chaque année (d’après l’enquête annuelle de branche du Ministère en charge de l’agriculture, 2008). Cela s’explique par les difficultés d’exploitation dues à un grand morcellement de la forêt privée et à un manque de structuration de la filière bois (en cours d’évolution). En montagne, les difficultés liées à la topographie (fortes pentes, difficulté d'accès aux parcelles) grèvent l'économie de la filière. En contrepartie, cette sous-exploitation contribue au maintien en évolution libre de nombreuses forêts de montagne, constituant des milieux particulièrement riches et accueillants pour de nombreuses espèces animales et végétales.