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Des impacts, malgré le développement de pratiques d'exploitation plus respectueuses pour l'environnement et les riverains

VicatL'activité d'extraction exerce des pressions significatives sur l'environnement. Les principaux impacts des carrières rhônalpines concernent des milieux naturels souvent fragiles tels que des zones humidesAu sens du code de l'environnement, terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau, de façon permanente ou temporaire - la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hydrophiles pendant au moins une partie de l'année. ou des pelouses calcaires (destruction de la végétation, décapage des sols, modification du sous-sol). Au contraire, dans des milieux très banalisés, l'activité des carrières, en créant des milieux pionniers, peut générer des zones pouvant servir de refuge ou de milieu de substitution. En outre, après l'exploitation, se pose aussi la question de la qualité de la requalification des sites et du rôle qu'ils peuvent jouer en termes de biodiversitéDiversité biologique ou nombre et variété des espèces végétales et animales. On distingue la richesse spécifique (les différentes espèces), la diversité génétique - variété génétique au sein d'une même espèce - et la diversité écosystémique c'est-à-dire la variété des écosystèmes qu'on trouve sur Terre (forêts, prairies, lacs,...). et de contribution au fonctionnement des écosystèmes.

L'extraction des alluvionsDépôts sédimentaires laissés par un cours d'eau (galets, sable, limons, argile...). en eau peut également avoir des impacts sur le fonctionnement hydrologique des rivières (et donc des impacts sur les milieux aquatiques et associés) et des nappes. Dans le cas de nappes peu profondes, le risque de dégradation accidentelle de la qualité de l'eau liée à l'exploitation même ou à une pollution des eaux de ruissellementÉcoulement des eaux de pluie à la surface du sol pouvant transporter notamment des polluants et, ne s'infiltrant pas, empêchant les eaux souterraines de se renouveler. est réel. Les gravières situées en zone inondables sont donc particulièrement vulnérables. En termes de paysages, les impacts les plus importants sont générés par les carrières de roches massives qui entaillent des paysages de montagne ou de colline.

Par ailleurs, l'exploitation d'une carrière nécessite, en général, des moyens techniques de terrassement dont l'utilisation peut provoquer des nuisances (bruit, poussières...) pour le voisinage.

Au cours des dernières décennies, la règlementation vis-à-vis de l'analyse des impacts de l'implantation, du fonctionnement puis du réaménagement des carrières est devenue de plus en plus exigeante : les carrières relèvent de la réglementation des icpeToute exploitation industrielle ou agricole susceptible de créer des risques ou de provoquer des pollutions ou nuisances, notamment pour la sécurité et la santé des riverains est une installation classée. Les activités relevant de la législation des installations classées sont énumérées dans une nomenclature qui les soumet à différents régimes selon l'importance des risques ou des inconvénients qui peuvent être engendrés : Autorisation (A) : pour les installations présentant les risques ou pollutions les plus importants. L'exploitant doit faire une demande d'autorisation avant toute mise en service, démontrant l'acceptabilité du risque. Le préfet peut autoriser ou refuser le fonctionnement. Autorisation avec servitude (AS) : cela correspond à peu de chose près aux installations Seveso seuil haut au sens de la directive européenne. Ces installations présentent des risques technologiques. Déclaration (D) : pour les activités les moins polluantes et les moins dangereuses. Une simple déclaration en préfecture est nécessaire Enregistrement (E) : régime intermédiaire d'autorisation simplifiée entre le régime de déclaration et celui d'autorisation, mis en place en 2009.. Des études d'impacts doivent notamment être réalisées avant toute implantation, en analysant de manière très précise les effets du projet sur l'environnement et en proposant des solutions à la hauteur des enjeux du territoire concerné. Par ailleurs, depuis l'arrêté du 22 septembre 1994 relatif aux exploitations de carrières et aux installations de premier traitement des matériaux,  l'implantation de carrières en lit mineur des cours d'eau est interdite.

Ainsi, pour répondre à la réglementation, minimiser leurs impacts sur l'environnement et améliorer leur image vis-à-vis du public, les industries de carrières ont réalisé des efforts importants. Depuis plusieurs années, les carriers ont développé un certain nombre de bonnes pratiques pour mieux intégrer la dimension environnementale au cours de l'exploitation : intégration paysagère (un guide à destination des exploitants et des élus concernant l'intégration paysagère des carrières a été réalisé par l'UNICEMUnion nationale des industries de carrières et matériaux de construction. et la DREALDirection(s) régionale(s) de l'environnement de l'aménagement et du logement. Rhône-Alpes), suivi écologique des sites, limitation des émissions de poussières (capotage des convoyeurs, arrosage ou mise en place d'enrobé pour les pistes)...

VicatLa problématique du réaménagement des sites en fin d'exploitation a aussi fait l'objet d'efforts importants. Cependant, la pérennisation des aménagements et des objectifs poursuivis est très souvent dépendante de la capacité tant technique que financière du gestionnaire du foncier qui fait suite à l'exploitant. La remise en état et le réaménagement des exploitations de carrières sont rendues obligatoires par  l'arrêté du 22 septembre 1994 relatif aux exploitations de carrières et aux installations de premier traitement des matériaux de carrières. Plusieurs types de réaménagement peuvent être choisis. Il peut s'agir d'une restauration du site dans son état original ou d'un réaménagement. Le site est alors transformé et voué à une nouvelle vocation. Les réaménagements envisageables, et le plus souvent rencontrés, sont : le réaménagement en terrain agricole, les bases de loisirs et de pêche pour les carrières exploitées en eau, le réaménagement à vocation écologique, etc...

Dans certains cas, l'exploitation de la carrière peut mettre à jour des faciès présentant un intérêt géologique remarquable. Il est alors intéressant de conserver un témoin de cette richesse géologique et de la valoriser dans le cadre de l'inventaire du patrimoine géologique.

Le transport des matériaux est également à l'origine d'impacts sur l'environnement : émissions de gaz à effet de serre, gêne de la quiétude des riverains. En Rhône-Alpes, l'implantation actuelle des carrières permet d'assurer des transports, certes importants, mais sur de courtes distances (13 à 20 km en moyenne pour les granulats, 85% des transports de matériaux issus de carrières). Cette proximité est un atout pour limiter les nuisances ainsi que les coûts liés au transport. Lorsqu'elle ne peut être assurée ou maintenue car la ressource géologique n'est pas ou plus disponible ou accessible, le recours au transport ferroviaire ou fluvial doit être privilégié. Toutefois, ces modes de transport nécessitent un raccordement direct aux voies ferrées ou à la voie d'eau. A l'heure actuelle, seules quelques carrières sont raccordées, et ces modes de transport ne représentent que 6% des volumes transportés.

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