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Des fonctions écologiques des espaces agricoles fragilisées par la raréfaction des prairies, haies et boisements

Jachère à messicoles dans la Drome - CBNAUne partie des espaces naturels remarquables de la région est le support d'une activité agricole extensive (prairies, pâturages de montagne, agroforesterie,...) qui participe à leur préservation. Les espaces agricoles plus ordinaires contribuent également à la diversité paysagère, floristique et faunistique, et assument des fonctions d'accueil pour certaines espèces (lièvres, hérissons, plantes messicolesPlantes annuelles qui poussent avec les céréales, plus communément appelées '' fleurs des champs ''.,...) et de connexions biologiques (en particulier prairies, haies, boisements, bandes enherbées,...).

Mais ces fonctions sont réduites de façon générale par l'usage d'intrants chimiques et dans les territoires où les cultures sont peu diversifiées (paysages simplifiés avec peu de haies, boisements). C'est le cas en particulier dans la plupart des espaces dominés par les grandes cultures ouvertes. Or, au cours des dernières années, les grandes cultures se sont étendues à l'échelle régionale, alors que les surfaces consacrées aux activités culturales plus extensives (prairies permanentes en particulier) ont diminué  ainsi que les haies et bosquets (d'après données Teruti-Lucas, entre 2006 et 2009). Des plantations de haies ont été financées par le FEDER pour compenser la banalisation des espaces.

Ces activités extensives sont aussi concernées par la simplification des pratiques agricoles (fauches précoces et fertilisation des prairies, recul de la jachère et de l'estivage, etc.), qui contribue à amoindrir les fonctions écologiques des espaces concernés.

Les mesures agri-environnementales territorialisées (MAET), mobilisables notamment dans les zones Natura 2000Le réseau européen Natura 2000 est un réseau de sites écologiques qui vise à la fois la préservation de la diversité biologique et la valorisation du patrimoine naturel des territoires. Le maillage de sites s'étend sur toute l'Europe de façon à rendre cohérente cette initiative de préservation des espèces et des habitats naturels. Deux directives européennes - directive Oiseaux et directive Habitats faune flore  -  établissent la base réglementaire de ce grand réseau écologique européen. Les sites désignés au titre de ces deux directives forment le réseau Natura 2000. La directive Oiseaux, adoptée en 1979, propose la conservation à long terme des espèces d'oiseaux sauvages de l'Union européenne en ciblant 181 espèces et sous-espèces menacées qui nécessitent une attention particulière. Plus de 3 000 sites ont été classés par les États de l'Union en tant que zones de protection spéciales (ZPS). La directive Habitats faune flore, adoptée en 1992, établit un cadre pour les actions communautaires de conservation d'espèces de faune et de flore sauvages ainsi que de leurs habitats. Cette directive répertorie plus de 200 types d'habitats naturels, 200 espèces animales et 500 espèces végétales présentant un intérêt communautaire et nécessitant une protection. Des zones spéciales de conservation (ZSC) sont mises en place pour la protection de ces habitats et espèces. mais aussi dans d'autres zones concernées par des enjeux de biodiversitéDiversité biologique ou nombre et variété des espèces végétales et animales. On distingue la richesse spécifique (les différentes espèces), la diversité génétique - variété génétique au sein d'une même espèce - et la diversité écosystémique c'est-à-dire la variété des écosystèmes qu'on trouve sur Terre (forêts, prairies, lacs,...)., visent à restaurer les fonctions écologiques des espaces agricoles et à protéger la ressource en eau. Ces actions sont cofinancées par l'Europe et l'État dans le cadre de conventions avec les exploitants. Le devenir des mesures agri-environnementales est conditionné par la réforme de la politique agricole commune (PAC) en 2013.


Périmètres des mesures agri-environnementales territorialisées

mesures agri environnementales

Le développement de l’agriculture biologiqueMode de production agricole répondant à un cahier des charges précis et dont le point central est l'exclusion de produits chimiques de synthèse, à l'exception de ceux mentionnés dans une liste positive., et certaines pratiques extensives d’utilisation de l’herbe encouragent également des pratiques culturales favorables à la préservation de la biodiversité des espaces agricoles. Début 2011, plus de 2000 exploitations agricoles rhônalpines sont labellisées agriculture biologique, 2 290 exploitations agricoles de Rhône-Alpes sont engagées dans une telle démarche, ce qui représente 11,1% des exploitations françaises bio (Source : AgenceBio). La région Rhône-Alpes reste ainsi en première place des régions françaises en termes de nombre d’exploitations, et en troisième position en termes de superficie, avec 75 786 ha fin 2010, après Midi-Pyrénées et les Pays de la Loire. Pour autant, le développement de l’agriculture biologique est très hétérogène au sein de la région : la Drôme, l’Ardèche et l’Isère représentent 70 % des surfaces bio de la région et des exploitations bio. La forte dynamique de conversion a touché cependant tous les départements en 2010 : la Loire, le Rhône et l’Isère ont connu en 2010 la plus forte progression, en part relative, du nombre d’exploitations bio et d’hectares bio.