Des expositions multiples

Patricia Marais/METL-MEDDEL'air intérieur des habitations, autres lieux de vie et locaux professionnels est dégradé à la fois par les polluants de l'air extérieur et par des substances provenant du bâtiment lui-même, le cumul pouvant aboutir à des niveaux de pollution supérieurs à ceux enregistrés à l'extérieur. Pourtant la question de la qualité de l'air intérieur, en dehors des locaux professionnels, n'a émergé qu'assez récemment, comparativement aux préoccupations et politiques menées concernant l'air extérieur.

De courtes expositions à des concentrations élevées de polluants induisent notamment des symptômes d'irritations cutanées, des muqueuses ou respiratoires, des nausées, des céphalées. Lors d'expositions sur de longues durées mais à de faibles doses, les pathologies d'abord d'ordre respiratoires, neurologiques ou cardio-vasculaires, peuvent aller jusqu'au développement de certains cancers (fumée de tabac, amianteMatière fibreuse de la famille des minéraux fibreux et cristallins très répandue à la surface du globe et largement utilisée dans l'industrie et le bâtiment pour ses propriétés physiques, chimiques et son faible coût. Inhalée par l'organisme, la poussière d'amiante représente un danger pour la santé humaine., radonGaz radioactif rare., benzène).

Laurent Mignaux - MEDDTLOn ne dispose à l'échelle nationale que de rares données d'exposition et d'études épidémiologiques mais celles-ci confirment depuis quelques années qu'il s'agit d'un enjeu de santé publique très important. Un observatoire national de la qualité de l'air intérieur a été mis en place en 2001 pour une meilleure compréhension des sources de pollution et de leurs conséquences sur la santé humaine.

La question de l'air intérieur est indissociable de celle de son renouvellement. Un confinement excessif laisse place à une accumulation de tous les polluants présents et à un accroissement de la température et de l'humidité intérieure favorisant la prolifération d'allergènes et de moisissures.
Les pratiques d'aération par l'ouverture quotidienne des portes et fenêtres y compris en période de chauffe et les systèmes de ventilation permettent un renouvellement de l'air indispensable dans les bâtiments en particulier ceux qui sont bien isolés.
La qualité de l'air intérieur est un axe prioritaire du Plan national santé-environnement adopté en 2009, décliné à l'échelle régionale au sein du Plan régional santé-environnement 2 (PRSE2).

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