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Des activités agricoles, sylvicoles, industrielles et touristiques régionales fortement exposées

Laurent Mignaux - MEDDTL Si un léger réchauffement et une croissance de la concentration en dioxyde de carbone (CO2) pourraient stimuler la production végétale, le changement climatique pourrait entraîner des modifications dans les rythmes de développement des cultures (risque de baisse de la qualité du vin notamment), accroître l'exposition au gel des jeunes plantes et le stress hydriquePour les végétaux, insuffisance d'eau absorbée due à un stimulus extérieur (sécheresse, froid, salinité de l'eau...). La mortalité et la vulnérabilitéDans le domaine des risques, la vulnérabilité exprime le niveau d'effet prévisible d'un phénomène naturel ou technologique (aléa) sur des enjeux. du bétail aux maladies seraient également accrues par le stress hydrique et thermique et l'augmentation des maladies à vecteurs.

La modification des conditions climatiques pourrait ainsi amener à des changements ou des déplacements des productions, rendant problématique le devenir de certaines appellations protégées (appellations d'origine contrôlée).

L'aquaculture et la pêche pourraient également être touchées, car ces activités sont dépendantes de poissons très sensibles aux hausses de températures (salmonidés notamment).

Le développement de certaines espèces invasives pourrait être renforcé par la chaleur avec des impacts sur certaines cultures et essences forestières.

Pour la sylviculture, certaines essences sont clairement amenées à voir leur zone climatiquement favorable se restreindre (épicéa, sapin) au profit d'essences méditerranéennes. Surtout, le manque de visibilité sur les variations climatiques à venir rend difficile une gestion forestière et des plantations adaptées, ce qui pourrait entraîner des difficultés de régénération et des dépérissements.

Les installations industrielles fortement consommatrices d'eau, notamment pour la production d'énergie, et les activités agricoles, seront impactées par la raréfaction de la ressource. Lors des fortes chaleurs, l'usage de la climatisation pourrait entraîner des pics de consommation d'électricité, alors que les capacités de production de l'hydroélectricité et les possibilités de rejets d'eau de refroidissement des centrales nucléaires et thermiques seraient réduits par la baisse de la ressource en eau. En revanche, les besoins énergétiques seraient amoindris par la baisse de l'utilisation du chauffage permise par des hivers plus doux.

Les installations industrielles seraient également concernées par la recrudescence des risquesLe risque est la probabilité que survienne un phénomène, d’origine naturelle ou technologique, pouvant constituer une menace pour les personnes, les biens, l’économie, l’environnement, etc. Le niveau de risque est estimé au regard des conséquences qu’aurait le phénomène s’il se produisait : plus les pertes potentielles sont élevées, plus le risque est important, et inversement. Il se mesure en croisant les données relatives à l’aléa, aux enjeux exposés et à leur vulnérabilité. naturels (inondation, mouvements de terrains,...).

L'impact d'une hausse des températures sur la fréquentation touristique est complexe et peut être ambivalent et différencié selon les périodes de l'année et les territoires. La fréquentation des villes risque de baisser en été en raison de l'augmentation de la chaleur et des effets d'îlots de chaleurLes îlots de chaleur urbains désignent des élévations localisées des températures enregistrées en milieu urbain par rapport aux zones rurales ou forestières voisines ou par rapport aux températures moyennes régionales.. En montagne, la fréquentation pourrait augmenter en été, mais la baisse de l'enneigement - dont l'ampleur et la répartition géographique reste difficile à préciser et nécessitera la reconversion et la diversification des stations de tourisme hivernal, notamment de moyenne altitude, et induit un risque de sur-fréquentation des stations de haute altitude. La tentation d'un recours accru à l'enneigement artificiel sera à prendre en compte dans la gestion des usages de l'eau dans un contexte d'aléas sur le régime des précipitations pouvant occasionner une raréfaction de la ressource.