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D'autres polluants à surveiller : HAP, COVNM et benzène, métaux lourds

Les émissions régionales d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) proviennent à 77% du chauffage au bois. Si les émissions de HAPHydrocarbures aromatiques polycycliques. Ce sont des molécules principalement issues de combustion, susceptibles de nuire à la santé. Parmi celles-ci, le benzo(a)pyrène est un traceur de cette famille, reconnu cancérigène pour l'homme. ont nettement diminué, notamment grâce à l'installation de système de traitement des rejets atmosphériques sur les plus forts émetteurs de la région, la valeur cible n'est pas respectée en proximité de certains sites industriels (vallées savoyardes et sud lyonnais) et peut poser problème dans certaines agglomérations. La variation saisonnière est marquée, par effet combiné du chauffage au bois et des conditions de dispersion hivernales peu favorables dans les vallées alpines. Le benzo(a)pyrène fait l'objet d'une surveillance assidue désormais dans la région.

Les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) regroupent une multitude de substances composées de carbone, d'hydrogène, d'halogènes, d'oxygène, de soufre..., dont certaines peuvent provoquer des irritations (oeil, muqueuses...) ou ont un caractère cancérigène, comme le benzèneLe benzène est un hydrocarbure aromatique cancérigène. Il est contenu dans les produits pétroliers comme l'essence ou le fioul. Il est rejeté lors de leur combustion ou par simple évaporation sous l'effet de la chaleur (réservoirs automobiles).. Par ailleurs, ils interviennent dans les réactions photochimiques à l'origine de la formation de l'ozoneA très haute altitude, dans la haute atmosphère, l'ozone protège les organismes vivants en absorbant une partie des rayons ultra-violets. Mais à basse altitude, c'est un polluant qui irrite les yeux et l'appareil respiratoire, et qui a des effets sur la végétation. Ce polluant pose problème essentiellement en été. En effet, il n'est pas directement émis dans l'atmosphère mais se forme par réaction chimique à partir d'autres polluants (notamment les oxydes d'azote, les composés organiques volatils...) sous l'action du rayonnement solaire.. En Rhône-Alpes, la majorité des émissions est due aux sources naturelles, notamment par évaporation des essences végétales. Parmi les sources anthrophiques, les deux secteurs principalement émetteurs sont le résidentiel-tertiaire, via le chauffage au bois pour l'essentiel, et l'industrie manufacturière. La tendance est à la baisse des émissions depuis 2000, notamment grâce à la diminution des rejets industriels. Une valeur limite est applicable pour le benzène classé cancérogène certain par le Centre international de recherche sur le c ancer (CIRC). Elle est globalement respectée grâce à la baisse massive de la teneur en benzène dans les carburants. Quelques sites peuvent encore dépasser l'objectif de qualité (proximité de stations de distribution de carburants notamment), mais cette problématique est en voie de résorption à l'échelle régionale.

Les polychlorobiphényls (PCB) sont des produits de synthèse fabriqués industriellement jusqu'en 1987. Très stables et peu biodégradables, ils s'accumulent dans l'environnement. Depuis 2007 se sont multipliées les interdictions de pêche et de consommation de poissons en raison de la présence de PCBPolychlorobiphényles. Dérivés chimiques chlorés plus connus sous le nom de pyralène. Leur toxicité étant avérée, ils sont interdits. Ils ont été utilisés pour leurs qualités d'isolants électriques et de lubrification. Du fait de leur persistance, ils s'accumulent dans les sols et sédiments. Ils font l'objet d'un plan d'action national. à des niveaux alarmants chez les animaux et dans les sédiments des principaux cours d'eau et lacs de la région Rhône-Alpes, même certains lacs alpestres. Les associations de surveillance ont ainsi engagé des campagnes de mesures sur la présence de PCB dans l'air ambiant et les retombées atmosphériques. Si globalement les concentrations mesurées ne semblent pas inquiétantes, des valeurs importantes ont été relevées dans les retombées atmosphériques sur certains secteurs comme le sud lyonnais ou le site de la plateforme chimique de Pont de Claix (ancien site de production de PCB). Les concentrations extrêmes sur ce dernier s'expliqueraient par des envols de poussières chargées de PCB issus du sol ou de remblais provenant de démantèlement d'atelier. Ces résultats ont apporté des éléments de réponse aux phénomènes de pollutions des eaux par les PCB. Devant l'ampleur de cette problématique, un plan national d'actions sur les PCB été lancé en 2008, traduit en Rhône-Alpes par le programme intitulé PCB-AXELERA.

Les dioxinesGroupe de substances chimiques organiques persistantes dont les effets sur la santé sont mal évalués. Elles sont omniprésentes dans le sol, les sédiments et l'air. Elles peuvent être produites par l'activité des volcans ainsi que par les incendies de forêts. Elles sont également produites involontairement lors de processus thermiques mettant en présence du chlore et des substances organiques ou lors de l'incinération des déchets. et furanes font également partie des polluants persistants. Grâce à l'évolution de la réglementation sur les rejets des incinérateurs en 2005, leurs émissions ont été divisées par 10 entre 2004 et 2006. La part des incinérateurs a donc fortement diminué au profit de la problématique grandissante du brûlage sauvage qui prend une part de plus en plus importante dans les sources d'émissions.

Les métaux lourds regroupent une vaste famille de composés. Les six principaux métaux mesurés dans l'air ambiant et cités dans les textes réglementaires sont l'Arsenic, le Cadmium, le Chrome, le Nickel, le Plomb et le Zinc. Ils sont suivis sur les agglomérations grenobloise, lyonnaise et stéphanoise. Les niveaux mesurés sont tous inférieurs aux seuils préconisés, excepté sur le bassin stéphanois qui a connu des dépassements de valeurs cibles pour l'Arsenic. Ce phénomène serait lié à la nature des sols constitués de remblais miniers et de charbon à forte teneur en arsenic, qui serait remis en suspension dans l'air par érosion éolienne.

En outre, des études spécifiques sont menées autour de certains sites susceptibles de générer des nuisances olfactives tels que les sites de stockage et les usines de thermolyse ou d'incinération d'ordures ménagères.

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Tous ces polluants ainsi que d'autres composés (dioxines, PCB, COVIls sont composés de carbone et d'hydrogène et se trouvent sous forme gazeuse dans l'atmosphère. Ils peuvent être d'origine humaine (provenant du raffinage, de l'évaporation de solvants, etc.) ou naturelle (émissions par les plantes ou certaines fermentations).I, aldéhydes...) font l'objet d'une surveillance. La réduction des émissions de ces substances toxiques fait l'objet d'une mesure particulière dans le PRSE2. Il en va de même pour les phytosanitaires.

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